Jérusalem : des résidents menacés d’expulsion vers Gaza

Un nouveau chapitre des politiques internes israéliennes s’ouvre avec l’adoption de mesures autorisant l’expulsion de résidents de longue date de Jérusalem et leur transfert vers la bande de Gaza. Cette décision fait suite au retrait de la résidence permanente de deux prisonniers jérusalémites, rendu possible par une législation récente qui redéfinit le statut de résident comme un privilège révocable plutôt qu’un droit inhérent. Pour de nombreuses communautés concernées, il ne s’agit pas d’un jugement isolé, mais d’une étape d’une stratégie plus large, qui se déploie dans le cadre d’une guerre génocidaire prolongée.

Des observateurs juridiques et des représentants communautaires alertent sur le fait que cette décision crée un précédent pouvant être étendu bien au-delà de cas individuels. La classification de la résidence à Jérusalem via le fameux « ID bleu » a longtemps été un outil administratif, mais sa transformation en motif d’expulsion constitue une escalade majeure. Selon les analystes, transférer des individus vers Gaza, un territoire ravagé par la guerre et l’effondrement humanitaire, revient à infliger un exil punitif plutôt qu’à appliquer une simple réglementation administrative, avec des conséquences matérielles et symboliques importantes.

La critique s’intensifie alors que des associations civiles et des défenseurs des droits affirment que cette politique relève d’une ingénierie démographique. Selon eux, l’expulsion forcée de résidents de leur ville viole les protections juridiques établies et les principes fondamentaux du droit international interdisant le transfert forcé de populations. Le gouvernement actuel, dirigé par Benjamin Netanyahu, est accusé de mettre en œuvre des mesures autrefois considérées comme politiquement inenvisageables. Des organisations juridiques comme Adalah mettent en garde contre la création de régimes juridiques séparés fondés sur l’identité, qui renforcent la discrimination systémique.

Alors que le débat s’intensifie, les militants avertissent que ces cas pourraient servir de terrain d’expérimentation pour des déplacements plus larges affectant des familles à travers les territoires de 1948. Avec l’expulsion désormais présentée comme une option légale, les inquiétudes grandissent : le droit à la résidence, la liberté de circulation et même le droit de rester chez soi deviennent de plus en plus soumis à l’arbitraire politique plutôt qu’à la sécurité juridique.

Source : Safa News