Extension de la colonie d’Adam : une nouvelle étape dans l’isolement de Jérusalem

Des plans dévoilés cette semaine visant à l’agrandissement de la colonie d’Adam, au nord de Jérusalem occupée, témoignent d’une nouvelle poussée pour remodeler l’environnement de la ville par une extension continue du contrôle israélien. Soutenu par d’importants financements publics, le projet cible des terres appartenant à des Palestiniens et est présenté par les autorités israéliennes comme une initiative de développement. Du point de vue palestinien, il s’agit au contraire d’un pas supplémentaire dans une stratégie d’annexion territoriale menée en parallèle d’une guerre génocidaire qui a déjà profondément modifié la réalité sur le terrain.

Le plan prévoit l’allocation d’environ 120 millions de shekels pour la construction de milliers de nouveaux logements destinés aux colons, accompagnés de routes et de réseaux de services réservés exclusivement à leur usage. Les travaux d’infrastructures, notamment les systèmes d’eau et d’assainissement, devraient être engagés en priorité, suivis d’équipements fermés tels que terrains de sport, parcs et complexes de loisirs. Tous ces aménagements sont programmés sur des terres confisquées, alors même que les communautés palestiniennes voisines sont soumises à des interdictions strictes de construire, contraignant les familles à vivre dans la surpopulation et l’impossibilité d’agrandir légalement leurs habitations.

Les responsables locaux avertissent que cette extension ne constitue pas un projet isolé, mais s’inscrit dans un schéma plus large visant à couper les quartiers palestiniens les uns des autres et à les détacher de Jérusalem. Dans des zones comme Ma’azi Jaba’, la pression des colons s’est intensifiée sous protection militaire, créant des conditions de vie de plus en plus intenables pour les habitants. L’effet cumulé de ces mesures, soulignent-ils, pousse les communautés vers un déplacement forcé tout en consolidant une ceinture de colonies au nord et à l’est de la ville.

Au-delà de son impact immédiat, ce projet accentue la fragmentation de la Cisjordanie en brisant la continuité géographique et en ancrant un réseau d’infrastructures réservé aux colons. Les autorités palestiniennes estiment que cette trajectoire viole le droit international et les résolutions de longue date des Nations unies qui considèrent les colonies comme illégales. Elles mettent en garde contre l’inaction internationale prolongée, qui encourage ce qu’elles qualifient d’annexion rampante et de nettoyage démographique, compromettant davantage toute perspective d’avenir fondé sur l’égalité, les droits et la fin de l’occupation.

Source : Safa News