« Gaza nouvelle » : une vision jugée irréaliste face à la réalité du terrain

Une chaîne d’information américaine a écarté la possibilité de mise en œuvre du plan de Jared Kushner pour une « nouvelle Gaza », le qualifiant d’irréaliste et déconnecté des faits. Dans un reportage, NBC News souligne qu’une grande partie de la bande de Gaza demeure détruite après plus de deux années de frappes israéliennes, tandis que près de deux millions de Palestiniens vivent pour la plupart dans des tentes, privés de conditions de vie dignes.

Cette semaine, Jared Kushner, gendre de l’ancien président américain Donald Trump, a dévoilé sa vision d’une « Gaza nouvelle », faite de tours étincelantes et de plages bondées de touristes. Une projection présentée comme optimiste, mais qui tranche brutalement avec la réalité d’un territoire ravagé par la guerre. Sur le terrain, le projet apparaît à beaucoup comme une fiction lointaine, d’autant que les forces d’occupation contrôlent encore près de la moitié de l’enclave.

Interrogé par la chaîne américaine, Ghassan al-Tanani, qui a perdu son frère dans une frappe israélienne cette semaine, s’est interrogé avec amertume : « Je veux comprendre où est ce qu’on appelle le Conseil mondial de la paix à Gaza. Où est-il ? Nous l’avons cherché et nous ne l’avons pas trouvé. » D’autres Palestiniens expriment la crainte que ces plans ne débouchent, en définitive, sur une consolidation du contrôle israélien plutôt qu’une véritable reconstruction. Le déplacé Ghassan Qudeih affirme ainsi : « Je fais partie des 95 % qui ne sont pas convaincus. Les conférences de paix et autres, au final, c’est une domination israélienne. »

Malgré ces critiques, Jared Kushner a réaffirmé son optimisme lors du Forum de Davos, assurant qu’il n’existait « pas de plan alternatif » à sa vision. Il a déclaré vouloir faire de la « nouvelle Gaza » un lieu d’espoir, une destination dotée d’industries et d’emplois, évoquant un produit intérieur brut pouvant atteindre « 10 milliards de dollars ou plus » d’ici 2035. Pourtant, selon le Bureau des Nations unies pour les services d’appui aux projets, Gaza compte plus de 60 millions de tonnes de décombres, dont l’évacuation nécessiterait plus de sept ans, sans compter le temps requis pour le déminage.

Des doutes persistent également quant à l’acceptation même de ce plan par Israël, notamment parce qu’il semble inclure la construction d’un port et d’un aéroport après des années de blocus. Pour de nombreux Palestiniens, ces projections économiques spectaculaires ignorent l’essentiel : la responsabilité pour la destruction, la fin de l’occupation et le droit du peuple palestinien à décider lui-même de son avenir.

Source : Safa News