Des plans dévoilés par une figure politique américaine de premier plan, promettant une Gaza reconstruite et étincelante, ont suscité une incrédulité silencieuse parmi celles et ceux qui vivent au milieu des ruines d’une guerre génocidaire ayant bouleversé la vie quotidienne au-delà de toute reconnaissance. Le projet dessine un littoral de hôtels, de bureaux et d’espaces de loisirs, tandis qu’au sol les rues restent ensevelies sous les décombres, les familles dispersées et l’abri le plus élémentaire fait défaut. Pour des habitants éprouvés par des années de destruction, le discours de renouveau sonne creux face au poids de la réalité.
À travers le territoire, des quartiers entiers ont été rasés et une grande partie de la population survit dans des tentes de fortune ou des refuges surpeuplés. L’accès demeure strictement contrôlé, les déplacements morcelés et les moyens de subsistance anéantis. Toute promesse de transformation rapide se heurte à l’ampleur des dégâts : des montagnes de gravats, des restes non explosés et un travail long et périlleux pour rendre les zones simplement habitables. Parler de prospérité alors que le sol lui-même est dangereux apparaît, pour beaucoup, comme un déni de l’expérience vécue sous la guerre génocidaire.
Sur le terrain, les voix palestiniennes interrogent non seulement la faisabilité, mais aussi l’intention. Des familles endeuillées demandent où se trouvait la responsabilité internationale durant les années de souffrance, et pourquoi des visions grandioses émergent sans reddition de comptes pour les destructions passées. D’autres redoutent que de vastes projets de reconstruction ne renforcent les mécanismes de contrôle existants au lieu de restaurer la dignité et l’autodétermination, recyclant la domination sous le vocabulaire de l’investissement et de l’opportunité.
Les projections économiques, promettant des milliards de production en une décennie, contrastent fortement avec les questions non résolues d’accès, de souveraineté et de liberté de circulation. Des infrastructures comme des ports ou des aéroports sont évoquées comme de simples formalités, alors que l’expérience passée suggère l’inverse. Pour beaucoup, l’écart entre des images lisses et la vie sous une guerre génocidaire n’est pas seulement technique : il est moral, révélant quelles réalités sont mises en avant et lesquelles sont effacées.
Source : Safa News