Naissances à Gaza : des chiffres qui occultent l’urgence humanitaire

Des professionnels de santé à Gaza alertent contre l’utilisation sélective de statistiques sur les naissances, estimant qu’elles risquent de masquer l’aggravation d’une crise humanitaire majeure touchant les mères et les nouveau-nés. Alors que certains chiffres sont mis en avant pour donner l’illusion d’un retour à la normalité, les médecins sur le terrain décrivent une réalité façonnée par une guerre génocidaire qui a vidé le système de santé de ses capacités et laissé des familles sans soins fiables aux moments les plus critiques de la vie.

Les registres médicaux du territoire indiquent qu’environ 50 000 naissances vivantes ont été enregistrées au cours de l’année écoulée, un chiffre en nette baisse par rapport aux tendances précédentes. Plus révélatrice que ce total, soulignent les médecins, est l’augmentation marquée des accouchements prématurés, du faible poids à la naissance et de la mortalité infantile. Les hôpitaux signalent des centaines de nouveau-nés atteints de malformations congénitales, un phénomène que les soignants associent au siège prolongé, aux expositions environnementales et à l’effondrement quasi total des services de maternité et de néonatalogie.

La pénurie de personnel, les infrastructures endommagées et les restrictions sévères sur le matériel et les médicaments ont aggravé la situation. Les services obstétricaux fonctionnent de manière intermittente, les couveuses manquent cruellement et le suivi prénatal de routine est devenu un luxe pour de nombreuses femmes enceintes. Dans ce contexte, préviennent les cliniciens, gonfler ou isoler des chiffres de naissances détourne l’attention de la dégradation mesurable des résultats médicaux et de l’augmentation des décès évitables liés à la guerre génocidaire.

Les soignants insistent enfin sur le fait que l’ampleur de la souffrance ne peut être évaluée à partir de données démographiques seules. Le véritable indicateur, affirment-ils, réside dans la survie et le bien-être des nouveau-nés et de leurs mères  un indicateur qui ne cesse de se détériorer à mesure que la guerre se prolonge et que l’accès aux soins essentiels demeure hors de portée pour une grande partie de la population palestinienne.

Source : Safa News