Un rapport d’évaluation des droits humains récemment publié décrit une Cisjordanie de plus en plus régie par la séparation, où la loi et les politiques ne servent pas à protéger, mais à restreindre la vie quotidienne des Palestiniens. Le document dresse le portrait d’un territoire soumis à deux réalités juridiques distinctes : une population bénéficiant du droit civil, tandis qu’une autre est placée sous un régime d’ordres militaires qui encadrent les déplacements, la résidence et l’accès aux services essentiels. Selon le rapport, cette architecture s’est durcie au fil du temps pour devenir incompatible avec les normes du droit international.
L’évaluation détaille comment des gestes ordinaires sont désormais conditionnés à des permis et autorisations pouvant être retirés sans justification. Voyager entre les villes, accéder aux terres agricoles et aux ressources en eau, aller à l’école, recevoir des soins médicaux ou même rendre visite à sa famille sont soumis à des couches successives de restrictions. Ces contrôles, note le rapport, se sont intensifiés ces dernières années, créant un environnement où l’inégalité est inscrite dans l’administration elle-même et imposée dans la pratique, maintenant les communautés palestiniennes dans une incertitude permanente.
Au cœur de cette réalité figure l’expansion rapide des colonies, considérées comme illégales au regard du droit international. Leur croissance accélère les déplacements forcés et alimente les intimidations, tandis que les violences liées aux colons ont fortement augmenté. L’absence quasi totale de poursuites renforce un système à deux vitesses, où la protection et l’application de la loi sont inégalement réparties, et où les atteintes restent largement impunies.
Depuis le déclenchement de la guerre génocidaire contre Gaza en octobre 2023, la situation en Cisjordanie s’est encore aggravée. Le rapport fait état d’une hausse marquée des homicides et des blessés, accompagnée d’une vague d’arrestations arbitraires, de mauvais traitements infligés aux détenus et de restrictions généralisées visant la société civile et les médias. Il conclut que tant que le cadre juridique et politique qui soutient ce système de domination ne sera pas démantelé, l’érosion progressive des droits des Palestiniens se poursuivra sans entrave.
Source : Safa News