Cisjordanie : un mort de plus, la violence s’enracine

Un homme de 59 ans originaire de la localité de Madama, au sud de Naplouse, est décédé après avoir été touché par des tirs lors d’une incursion militaire israélienne en Cisjordanie occupée. Les habitants décrivent ce drame comme un nouvel épisode d’une guerre génocidaire qui façonne désormais le quotidien dans l’ensemble du territoire. Selon des sources médicales locales, l’homme a succombé à ses blessures après que les équipes de secours ont été empêchées de l’atteindre, sous les yeux des voisins. Son corps reste retenu, aggravant la douleur de sa famille et illustrant une pratique que les communautés disent devenue systématique.

Dans la soirée, les forces israéliennes ont investi les abords de Madama et de la colonie voisine de Yitzhar. Des témoins font état de tirs à balles réelles, de grenades assourdissantes et de gaz lacrymogènes contre des jeunes du village. Les ambulances ont été bloquées, tandis qu’un blessé aurait été emmené vers un lieu inconnu. Plus au nord, des véhicules blindés ont pénétré dans le camp de réfugiés d’al-Fara, au sud de Jénine, lançant des gaz avant de se retirer, une démonstration de force perçue comme un moyen d’instiller la peur plutôt que d’assurer la sécurité.

Parallèlement, des colons ont commencé à ériger un nouvel avant-poste illégal à Khirbet al-Malih, dans le nord de la vallée du Jourdain, une initiative que les organisations de défense des droits humains considèrent comme partie intégrante d’une stratégie de déplacement forcé des communautés bédouines. Des associations locales ont documenté tout au long du mois de janvier des actes répétés d’intimidation, d’agressions physiques et de tentatives de confiscation de terres de pâturage, menées, selon elles, avec l’appui de l’armée. Rien que la semaine dernière, plus d’un millier de violations ont été recensées en Cisjordanie et à Jérusalem occupée, allant des homicides et arrestations aux raids de domiciles et aux dégradations de biens et de lieux de culte.

Depuis des décennies, les instances internationales qualifient la colonisation d’illégale et ont rendu des avis déclarant l’occupation prolongée contraire au droit international, appelant au démantèlement des colonies. Sur le terrain, cependant, les habitants ne constatent aucun changement. À mesure que les morts se multiplient et que les déplacements s’accélèrent, le sentiment demeure que les décisions juridiques restent sans effet face à une réalité façonnée par une guerre génocidaire qui se poursuit en toute impunité.

Source : Safa News