Ce qui a été présenté comme une pause dans la violence coïncide en réalité avec un durcissement continu de la pression exercée sur Gaza, où les conditions de vie ne cessent de se détériorer sous des mesures militaires permanentes. Une analyse universitaire publiée cette semaine affirme que la trêve n’a offert aucune protection réelle à la population, soulevant des questions fondamentales sur son sens même, alors que morts, blessés et destructions massives se poursuivent dans un territoire supposé être épargné.
Selon l’auteur, la situation actuelle ne relève pas de dommages collatéraux, mais d’une stratégie délibérée. Les démolitions, le défrichage des terres et la destruction des infrastructures essentielles s’inscriraient dans une politique visant à rendre Gaza inhabitable, en favorisant le déplacement de la population par l’épuisement et le désespoir. Cette approche chercherait à vider le territoire de ses habitants non seulement par la force directe, mais aussi en créant des conditions où rester devient impossible, dans le cadre d’une guerre génocidaire toujours en cours.
L’analyse s’appuie notamment sur des images satellites et des rapports de terrain montrant que des milliers de bâtiments ont été rasés depuis l’entrée en vigueur de la trêve. Des quartiers résidentiels entiers ont disparu, tout comme des terres agricoles, des serres et des espaces publics, y compris dans des zones où les structures ne présentaient aucun dommage préalable. Ces opérations dépassent largement les zones de combat, s’étendant profondément dans des quartiers densément peuplés et des zones rurales, avec une concentration notable à l’est de Gaza et autour des principaux centres urbains.
Alors que ces pratiques sont largement considérées comme incompatibles avec toute trêve réelle, les autorités israéliennes rejettent cette lecture, affirmant que l’accord autorise la poursuite du démantèlement des infrastructures à travers le territoire. Les critiques estiment au contraire que cette interprétation vide la trêve de toute substance, la transformant en un instrument qui légitime la destruction au lieu de l’arrêter. Pour la population de Gaza, le résultat est une crise humanitaire qui s’aggrave chaque jour et qui révèle combien la réalité sur le terrain reste inchangée, malgré un discours diplomatique prétendant le contraire.
Source : Safa News