Des engins lourds ont été déployés cette semaine à Jérusalem-Est occupée pour démolir des bâtiments appartenant à une agence de secours des Nations unies, un acte qui ravive les inquiétudes face au rétrécissement de l’espace humanitaire dans le contexte d’une guerre génocidaire toujours en cours. Le personnel a été expulsé du site de Cheikh Jarrah, les équipements saisis et les structures réduites en gravats, marquant une escalade qui dépasse le champ militaire pour atteindre les fondements mêmes de l’action humanitaire internationale.
Le droit international garantit pourtant la protection des installations, des biens et du personnel des Nations unies. Ces garanties ont été ignorées lors de l’opération, que des responsables et observateurs régionaux inscrivent dans une stratégie plus large visant à démanteler les services essentiels destinés aux Palestiniens, à un moment où les besoins humanitaires explosent à Gaza et dans l’ensemble des territoires occupés. Des appels se multiplient pour une réaction ferme et crédible de la communauté internationale, mettant en garde contre le danger d’un silence qui banaliserait de telles violations.
Cet épisode s’ajoute aux obstacles croissants imposés aux organisations humanitaires, entre durcissement des contrôles et retrait d’autorisations de travail, entravant déjà les missions médicales et de secours. Pour ses détracteurs, cette politique affaiblit la crédibilité du système international censé protéger les civils et les normes humanitaires, tout en exposant davantage la population à l’insécurité et à la souffrance. La démolition à Jérusalem apparaît ainsi comme un signal inquiétant sur la fragilité de la présence humanitaire dans les conditions actuelles.
