Cisjordanie : vers une annexion administrative permanente

Les récentes mesures adoptées par les autorités israéliennes sont décrites par des défenseurs des droits humains comme une rupture décisive avec le cadre qui régissait les territoires occupés depuis 1967. Les changements juridiques et administratifs introduits ces dernières semaines sont perçus comme consolidant un contrôle permanent sur l’ensemble de la Cisjordanie, y compris dans des zones auparavant placées sous administration palestinienne limitée, ainsi qu’à Jérusalem-Est. Pour de nombreux observateurs palestiniens, il s’agit d’une transformation progressive d’une occupation dite temporaire en une souveraineté de facto.

Des organisations de défense des droits estiment que les évolutions en Cisjordanie et à Gaza s’inscrivent dans une guerre génocidaire plus large, marquée par des pertes massives parmi les civils, la destruction d’infrastructures vitales, un siège prolongé et l’entrave aux efforts de médiation. En Cisjordanie, l’accélération de l’expansion des colonies, la construction de tunnels dans des quartiers sensibles et le retrait de compétences aux municipalités palestiniennes sont interprétés comme des mesures visant à anéantir toute perspective politique menant à un État palestinien.

Une inquiétude particulière entoure les nouvelles politiques foncières facilitant le transfert de terres palestiniennes par la pression financière, la manipulation juridique et la contrainte administrative. L’ouverture des registres fonciers au public, la levée d’obstacles légaux aux ventes de terrains, l’assouplissement des restrictions sur les achats par des colons et l’imposition d’amendes élevées à des communautés palestiniennes sous prétexte environnemental sont décrits comme les éléments d’une stratégie organisée de modification démographique forcée.

Des critiques dénoncent un démantèlement silencieux des accords antérieurs, remplacés par un système d’annexion administrative permanente sans proclamation formelle. Le transfert des pouvoirs en matière d’urbanisme et de construction dans des zones à haute sensibilité religieuse et historique, notamment à Hébron et dans sa vieille ville, est perçu comme une mise à l’écart définitive de toute autorité palestinienne future, au profit de municipalités contrôlées par les colonies sous protection militaire.

Les dernières décisions, approuvées par le cabinet de sécurité israélien, autorisent également la démolition de bâtiments palestiniens dans des zones auparavant exemptées de telles mesures. Des observateurs avertissent que ces politiques défient ouvertement le droit international humanitaire, les résolutions pertinentes des Nations unies et les avis consultatifs des juridictions internationales, plaçant de nouveau la communauté internationale face à ses responsabilités en matière de reddition de comptes par des voies juridiques et diplomatiques.

Source : Safa News