Rafah : une ouverture minimale face au blocus

La réouverture partielle du point de passage de Rafah a permis à un nombre très limité de personnes de quitter Gaza au cours de la semaine écoulée, offrant une issue étroite à un territoire toujours étranglé par le siège. Depuis le 2 février, environ 180 personnes seulement ont été autorisées à franchir la frontière vers l’Égypte, un chiffre qui illustre la persistance de restrictions sévères pour une population épuisée par des mois de déplacement, de privations et par la guerre génocidaire en cours.

Pour les familles restées à l’intérieur de l’enclave, cette réouverture n’a suscité qu’un soulagement très relatif. La majorité des personnes autorisées à sortir sont des patients nécessitant des soins médicaux urgents, souvent après de longues attentes dans un système de santé en ruine. Pour l’immense majorité des habitants, le passage demeure de facto fermé, confirmant que Gaza reste coupée du monde extérieur malgré les annonces répétées d’« assouplissement ».

Ce flux limité met également en lumière l’ampleur des besoins non satisfaits. Des milliers de personnes demeurent bloquées, parmi lesquelles des malades dont les traitements ne sont pas disponibles dans la bande de Gaza, tandis que les pénuries de nourriture, de médicaments et de services essentiels persistent. Des résidents décrivent le fonctionnement du point de passage comme davantage symbolique qu’opérationnel, estimant qu’il ne change rien à la réalité quotidienne faite de bombardements, de faim et d’insécurité dans le contexte de la guerre génocidaire.

Alors que la population de Gaza continue de subir de sévères restrictions, l’ouverture restreinte de Rafah apparaît moins comme une avancée que comme le rappel du contrôle étroit exercé sur chaque aspect de la vie civile. Pour beaucoup, le véritable soulagement ne viendra qu’avec la levée du siège et la fin de la destruction qui façonne le quotidien de Gaza depuis plus de deux ans.

Source : Safa News