Rafah, un passage sous contrainte au cœur de la souffrance civile

Le passage par le point de Rafah demeure sévèrement restreint, exposant les civils à des obstacles majeurs qui sapent les droits fondamentaux et les protections humanitaires. Des défenseurs des droits humains estiment que les procédures actuelles privent de facto la population de la liberté de circulation et de l’accès aux soins essentiels, aggravant la souffrance civile dans un contexte de guerre génocidaire ayant déjà épuisé les structures sociales et médicales de Gaza.

Les patients nécessitant des soins urgents à l’étranger figurent parmi les plus durement touchés. Sur des dizaines de dossiers médicaux graves, seuls quelques cas ont été autorisés à quitter le territoire, laissant la majorité bloquée malgré la gravité de leur état. Des observateurs dénoncent un déni systématique de soins, où des décisions administratives priment sur l’urgence médicale, mettant en danger des vies et compromettant la santé à long terme sous la guerre génocidaire.

Les rares personnes autorisées à passer décrivent un parcours marqué par l’intimidation. Les voyageurs sont dirigés à travers des couloirs grillagés sous surveillance constante, soumis à des contrôles répétés générant une pression psychologique intense, en particulier pour les femmes, les personnes âgées et les malades. Les personnes de retour font état d’abus supplémentaires : arrestations, menottage, bandage des yeux, détentions prolongées et interrogatoires de plusieurs heures. Ces derniers incluraient des questions dégradantes sur les motivations personnelles et des tentatives d’extraction d’informations politiques, en contradiction flagrante avec la dignité humaine et la protection des civils.

Des femmes rentrant à Gaza témoignent d’une peur persistante lors des inspections successives, y compris après des contrôles déjà effectués côté égyptien et dans des installations internationales. L’une d’elles a comparé le passage à un itinéraire militaire interminable, jalonné d’arrêts, d’attentes prolongées et de stress constant dans des conditions éprouvantes. Pour les défenseurs des droits humains, ces pratiques relèvent d’une dissuasion collective, transformant le simple droit au retour en une épreuve d’intimidation destinée à décourager, et renforçant un climat de coercition sous la guerre génocidaire.

Source : Safa News