Plus de 2 000 ressortissants britanniques ont servi dans l’armée israélienne durant la guerre génocidaire menée contre Gaza, selon des données récemment publiées qui suscitent de vives préoccupations juridiques et politiques au Royaume-Uni. Ces chiffres, bien supérieurs aux estimations précédemment connues, mettent en lumière une implication britannique bien plus large dans la campagne militaire israélienne.
Les informations ont été révélées dans un rapport du média d’investigation Declassified UK, fondé sur des données obtenues auprès des autorités israéliennes via une demande d’accès à l’information. Pour la première fois, les chiffres incluent des soldats israéliens possédant une double ou multiple nationalité, et ne se limitent plus aux seuls « soldats isolés ».
Selon le rapport, 1 686 binationaux israélo-britanniques étaient activement engagés, auxquels s’ajoutent 383 individus détenant les nationalités britannique, israélienne et au moins une autre nationalité. Ensemble, ils font partie d’un groupe plus large de plus de 50 000 soldats israéliens disposant d’une double nationalité. À titre de comparaison, les statistiques publiques antérieures faisaient état de seulement 54 « soldats isolés » britanniques servant dans l’armée israélienne en août 2024.
Des experts juridiques estiment que ces nouvelles données soulèvent des questions majeures en matière de responsabilité au regard du droit international. Paul Heron, avocat au Public Interest Law Center, a affirmé qu’aucune impunité ne saurait être tolérée dès lors que des éléments crédibles établissent un lien entre des ressortissants britanniques et de graves violations du droit international. Il a souligné que les autorités ont l’obligation d’enquêter et, le cas échéant, de poursuivre les individus impliqués dans des crimes graves.
Ces révélations interviennent alors que le rôle du Royaume-Uni dans la guerre menée par Israël contre Gaza fait l’objet d’un examen croissant, notamment concernant les exportations d’armes et le soutien politique. L’an dernier, une plainte de 240 pages a été déposée auprès de l’unité des crimes de guerre de la police métropolitaine, visant dix citoyens britanniques accusés d’avoir participé à des assassinats ciblés de civils et de travailleurs humanitaires, notamment par des tirs de sniper et des attaques indiscriminées contre des zones civiles.
