Des informations faisant état d’une reprise des affrontements à Rafah ont encore fragilisé un cessez-le-feu déjà précaire, plongeant davantage dans l’incertitude les civils massés autour de la porte sud de Gaza. Les autorités israéliennes ont affirmé que quatre Palestiniens avaient été tués près de la zone frontalière après être sortis de passages souterrains, présentant l’incident comme une violation de la trêve. Pour les habitants de Rafah, cet épisode confirme une réalité bien connue : même les pauses dans la guerre génocidaire restent traversées par la violence meurtrière, et la vie ordinaire demeure suspendue.
Ces événements se sont produits alors qu’un mouvement limité reprenait au point de passage de Rafah, sous de strictes restrictions. Après des mois de fermeture, le passage vers l’Égypte a brièvement rouvert, permettant à un nombre restreint de patients et à leurs accompagnateurs de quitter Gaza pour recevoir des soins à l’étranger. Les départs sont restés rares et soumis à des conditions sévères, les autorisations étant accordées au cas par cas. Des familles évoquent de longues attentes, des fermetures soudaines et une procédure dictée davantage par des considérations sécuritaires que par l’urgence humanitaire.
Des organisations internationales ont à plusieurs reprises averti que ces ouvertures partielles sont loin de suffire pour éviter un effondrement humanitaire plus large. Les évacuations médicales demeurent exceptionnelles, l’acheminement de l’aide reste entravé, et des quartiers entiers continuent de vivre sous la menace d’une reprise des violences malgré le cessez-le-feu annoncé en octobre. Des responsables locaux de la santé indiquent que les victimes ont continué d’augmenter depuis, soulignant à quel point la trêve a offert peu de protection à la population.
Tandis que les dirigeants politiques s’accusent mutuellement d’avoir violé l’accord en premier, les habitants de Gaza en subissent les conséquences sur le terrain. Pour eux, le langage des communiqués et des démentis n’apporte aucun réconfort. Ce qui marque la réalité quotidienne, ce n’est pas la diplomatie, mais la persistance d’une guerre génocidaire où même les moments qualifiés de calmes peuvent basculer, sans avertissement, dans la mort.
