À Gaza, les enfants autistes sacrifiés par la guerre

Dans l’immensité des camps de déplacés à Gaza, les enfants atteints d’autisme sont relégués aux marges de la survie. Des familles racontent des vies privées de routine, de sécurité et de soins, alors qu’une guerre génocidaire a démantelé le système de santé et fait disparaître le peu de structures spécialisées qui existaient encore. Des tentes entassées les unes contre les autres, un bruit incessant et des déplacements répétés ont créé un environnement profondément déstabilisant pour des enfants qui dépendent de la prévisibilité pour se sentir en sécurité et fonctionner au quotidien.

Les parents décrivent l’absence totale d’espaces calmes et sûrs, de matériel éducatif et d’accès aux thérapies. Les professionnels qui assuraient autrefois un accompagnement comportemental, une orthophonie ou un enseignement adapté sont aujourd’hui absents, eux-mêmes déplacés ou dans l’impossibilité d’exercer. Pour de nombreux enfants, des années de progrès fragiles ont été anéanties en quelques mois. Ce qui était une autonomie difficilement acquise a laissé place à l’anxiété, au repli et à la détresse, tandis que les familles tentent seules de répondre à des besoins complexes, sans aucun soutien institutionnel.

Pères et mères évoquent des enfants submergés par le bruit et les mouvements constants, incapables de supporter les bouleversements permanents de la vie dans les camps. Les détonations soudaines, la promiscuité et la perte des repères quotidiens déclenchent des crises de panique, des pleurs prolongés et de sévères régressions comportementales. Les tentatives improvisées — aménager un coin plus calme dans une tente, recourir à des outils rudimentaires d’apaisement — offrent peu de réconfort dans un environnement dominé par l’instabilité et la peur.

Les acteurs du secteur du handicap alertent : l’impact dépasse la détresse immédiate. La guerre génocidaire impose un traumatisme à plusieurs niveaux, combinant le choc psychologique direct de la violence à la disparition des services de rééducation et de santé mentale. Centres détruits ou fermés, équipes dispersées : les enfants autistes se retrouvent sans traitement ni protection, exposés à des conséquences durables qui risquent de marquer leur développement pour les années à venir.

Source : Safa News