À l’arrivée du Ramadan, mois traditionnellement associé à la miséricorde et au recueillement, les prisonniers palestiniens détenus dans les prisons israéliennes entament une nouvelle période marquée non par l’apaisement, mais par l’aggravation des épreuves. Loin d’un allègement des conditions de détention, le mois du jeûne se déroule sous un régime de privations qui fait écho à la guerre qualifiée de génocidaire au-delà des murs des prisons. Les besoins essentiels — nourriture suffisante, repos, pratique religieuse demeurent strictement restreints, transformant le Ramadan en prolongement de la punition quotidienne plutôt qu’en trêve spirituelle.
Les détenus récemment libérés décrivent un environnement où la pénurie est constante et, selon eux, délibérée. Les rations alimentaires sont si réduites que les prisonniers regroupent souvent leurs repas en une seule portion, vivant ainsi dans une forme de jeûne permanent. Pendant le Ramadan, les repas arrivent fréquemment tardivement ou à des heures irrégulières, parfois après minuit, notamment à la suite de descentes soudaines qui bouleversent toute organisation. Ces opérations entraînent régulièrement la détérioration ou la confiscation de la nourriture, privant certains détenus d’iftar. L’épuisement s’intensifie alors que les prisonniers, déjà affaiblis par le jeûne, sont soumis à des humiliations prolongées et à des mesures de contrainte, sans considération pour l’âge ou l’état de santé.
La pratique religieuse, pilier central du mois sacré, ne subsiste que par une persévérance discrète. Les prières collectives sont fortement limitées, voire interdites dans certains établissements, et même les récitations murmurées peuvent exposer à des sanctions. Les détenus s’adaptent en priant en silence, en échangeant des rappels spirituels avec prudence et en maintenant les rituels par fragments, déterminés à préserver leur dignité. Comparées aux années précédentes, les conditions se seraient, selon d’anciens prisonniers, détériorées au point de devenir méconnaissables : cellules surpeuplées, confiscation des effets personnels, disparition de toute vie communautaire. Pour la majorité d’entre eux, le Ramadan commence non par les retrouvailles, mais par l’attente un mois de plus passé loin des familles, dans des conditions qui, disent-ils, ne laissent place ni à la miséricorde ni au répit.
Source : Safa News