Ramadan des absents à Gaza

À l’aube du Ramadan, les foyers de Gaza se préparent au mois sacré avec des chaises laissées vides et des noms tus. Pour des milliers de familles, les rituels de rassemblement accentuent une douleur silencieuse : des proches disparus lors de la guerre génocidaire et dont le sort reste inconnu. Cette période, qui devrait réunir parents et voisins autour de repas partagés, met en lumière une absence prolongée que le temps n’a pas adoucie.

Les défenseurs de la communauté affirment que l’ampleur des disparitions constitue une plaie profonde. Beaucoup sont supposés ensevelis sous des maisons effondrées dans des zones encore inaccessibles ; d’autres seraient détenus dans des systèmes carcéraux, leurs lieux et conditions restant inconnus. Le silence entourant leur sort crée un limbe cruel, privant les familles de la certitude la plus élémentaire : pouvoir pleurer, espérer, ou simplement savoir.

Le rythme social du mois accentue le fardeau psychologique. Sans confirmation, les familles ne peuvent accomplir les rites funéraires, exiger des comptes, ni prononcer la vérité à voix haute. Ce qui persiste, c’est une négociation quotidienne avec l’incertitude, aggravée par le fait que le droit à l’information est garanti par le droit international mais reste inaccessible. Les appels se multiplient pour une divulgation transparente, l’accès aux sites dévastés pour les efforts de récupération et l’usage de méthodes d’identification pour redonner un nom à l’innommé. Jusqu’à ce que des réponses arrivent, le Ramadan ne représente pas une pause dans la douleur, mais la mesure de sa profondeur.

Source : Safa News