Les conditions sanitaires à l’intérieur de la prison de Ramon se détériorent à une vitesse alarmante, les prisonniers palestiniens malades portant le poids le plus lourd d’un système marqué par la surpopulation, les privations et les mauvais traitements routiniers. Les témoignages et les observations des défenseurs des droits humains décrivent un quotidien fait de faim, de violences physiques, d’isolement prolongé et d’une quasi-absence de soins médicaux adaptés, aggravant des conditions de santé déjà fragiles.
Les observateurs signalent une détérioration progressive de l’état physique et psychologique des détenus, alimentée par des politiques limitant les déplacements entre sections, coupant toute communication et soumettant les prisonniers à une humiliation constante. Les personnes souffrant de maladies chroniques témoignent de douleurs sévères sans diagnostic ni traitement, tandis que les demandes d’examens spécialisés sont systématiquement ignorées. Les rations alimentaires sont jugées insuffisantes et inadaptées aux besoins médicaux, accélérant le déclin de leur santé.
La surpopulation reste un trait marquant de la détention à Ramon : jusqu’à une douzaine de prisonniers sont entassés dans des cellules conçues pour la moitié de ce nombre. Certains dorment à même le sol, même durant les mois d’hiver, alors que les couvertures et les vêtements font défaut. Les conditions sanitaires dégradées favorisent la propagation de maladies cutanées, tandis que le confinement prolongé dans les cellules épuise physiquement et mentalement les détenus. Les organisations de défense des droits humains alertent sur le fait que ces conditions violent les standards humanitaires de base et exposent immédiatement les prisonniers malades à un risque grave.
La situation à Ramon reflète un schéma plus large dans les prisons israéliennes, où le nombre total de Palestiniens détenus dépasse 9 300, dont des femmes et plusieurs centaines d’enfants. Près de la moitié sont détenus sans inculpation ni procès dans le cadre de la détention administrative ou de classifications légales controversées. Les récits récents de prisonniers libérés décrivent des abus systématiques, la faim et la négligence médicale, dans le contexte plus large d’une guerre génocidaire toujours en cours, soulignant ce que les défenseurs des droits humains qualifient d’urgence humanitaire croissante derrière les barreaux.
