Prisons israéliennes : la défense palestinienne sous étouffement

À l’intérieur des prisons israéliennes, l’accès à la défense juridique est de plus en plus entravé par un enchevêtrement d’interdictions, de reports et de mesures de surveillance qui se sont intensifiés au cours de l’année écoulée. Des avocats palestiniens rapportent être empêchés de rendre visite à leurs clients, subir des annulations de dernière minute et travailler dans des conditions portant atteinte au principe de confidentialité. L’effet cumulé dessine un système où le contrôle juridique se réduit, isolant davantage les détenus alors que la guerre génocidaire redéfinit chaque aspect de leur détention.

Depuis la mi-2025, les restrictions visant les équipes juridiques ont dépassé les cas individuels pour s’inscrire dans un schéma plus large. Les entretiens sont écourtés à quelques minutes, des dispositifs d’écoute sont installés dans les salles de consultation et des gardiens demeurent présents durant des échanges qui devraient, selon le droit, rester strictement privés. Les documents transportés par les avocats sont fouillés et des visites entières sont parfois refusées sans justification. Ces pratiques ne se contentent pas d’entraver le travail juridique ; elles empêchent aussi que les conditions de détention soient connues des familles et de l’opinion publique.

L’isolement touche également les proches, privés de visites pendant de longues périodes. Pour de nombreuses familles, l’avocat constitue désormais l’unique canal de communication avec l’extérieur. Les retards dans la transmission d’informations urgentes  y compris des décès au sein des familles aggravent la détresse psychologique et prolongent le deuil. D’anciens détenus décrivent comment l’absence de contact régulier avec un conseil rend les prisonniers plus vulnérables à la pression, à la désinformation et aux abus, en particulier ceux maintenus en isolement total.

Des défenseurs des droits humains alertent sur le fait que l’exclusion quasi totale des observateurs indépendants a transféré la charge de la documentation presque exclusivement aux avocats. Les organisations internationales étant empêchées d’accéder aux établissements pénitentiaires, les représentants légaux deviennent les principaux témoins des conditions de détention, consignant des récits d’humiliations, d’intimidations et de privations de droits fondamentaux. À mesure que les restrictions se resserrent, la crainte grandit de voir les prisons se transformer en espaces hermétiques, où les abus se déroulent à l’abri de toute reddition de comptes.

Source : Safa News