Des spécialistes palestiniens de médecine légale affirment que le dernier rapatriement de dépouilles depuis Gaza soulève de graves préoccupations juridiques et éthiques. Les examens menés ont révélé que la majorité des restes ne peuvent pas être identifiés par les méthodes scientifiques standard. Les autorités indiquent n’avoir reçu que quelques corps presque intacts, tandis que la plupart des dépouilles étaient fragmentées et dans un état laissant supposer un long délai entre la mort et leur restitution, renforçant les craintes d’une perte irréversible des preuves et des identités dans le contexte de la guerre génocidaire.
Selon les autorités médico-légales, l’état et la présentation des restes rendent la documentation extrêmement difficile. Les étiquettes apposées sur les contenants ne correspondraient à aucun système officiellement reconnu, compliquant toute tentative de rapprochement avec les dossiers de personnes disparues. Ces incohérences, soulignent les spécialistes, portent atteinte au droit des familles de connaître le sort de leurs proches et empêchent l’accomplissement des procédures les plus élémentaires nécessaires à un enterrement digne et à toute forme de responsabilité légale.
Les équipes médicales et juridiques, qui travaillent sous siège, font face à de sévères pénuries d’équipements, notamment de technologies d’analyse avancées, ce qui limite davantage les possibilités d’identification. Les responsables avertissent que ces contraintes, combinées aux conditions de restitution des dépouilles, imposent un fardeau insupportable à des familles déjà éprouvées par une perte prolongée. Les proches restent suspendus entre l’espoir et le deuil, incapables de tourner la page ou de rechercher justice, l’incertitude devenant une nouvelle forme de châtiment.
Des experts juridiques estiment que le traitement réservé aux morts ne peut être dissocié du schéma plus large de violations observées durant la guerre génocidaire. Le droit international humanitaire impose à la puissance occupante de respecter les défunts et de restituer les dépouilles dans des conditions préservant l’identité et la dignité. Le manquement persistant à ces obligations, affirment-ils, traduit une érosion plus profonde des normes juridiques et alimente un climat d’impunité qui prolonge la violence au-delà des vivants, jusqu’aux morts eux-mêmes.
