Rafah rouvre à peine : des retours sous contrôle et sans garanties

Après des mois de silence au principal point de passage au sud de Gaza, un petit groupe de Palestiniens est rentré dans l’enclave lundi soir, à la reprise très limitée des opérations au passage de Rafah. Un seul bus a atteint Khan Younis sous une surveillance étroite, symbolisant un retour prudent et strictement encadré, sans apporter de réponses claires à ceux qui attendent encore de part et d’autre de la frontière.

Seules quelques personnes ont été autorisées à passer lors de cette première journée, illustrant l’extrême restriction du processus. Les arrivants évoquent de longues heures de contrôles et d’incertitude, avec des déplacements soumis à des procédures opaques imposées dans l’ombre de la guerre génocidaire toujours en cours. Pour de nombreuses familles, l’espoir de voir la réouverture alléger la séparation s’est vite heurté à une réalité où le passage reste une exception, non un droit.

Une femme âgée a raconté avoir été arrêtée en chemin par un groupe armé local, puis transférée aux forces israéliennes pour interrogatoire avant d’être autorisée à poursuivre. Son témoignage reflète une expérience largement partagée, où les civils sont soumis à des couches successives de contrôle, d’interrogatoires et de retards, simplement pour rentrer chez eux.

Fermé pendant près de deux ans après la prise de Rafah, le passage avait coupé Gaza de son principal lien avec l’Égypte. Sa réouverture partielle, annoncée sans directives précises, soulève aujourd’hui plus de questions qu’elle n’apporte de solutions. Pour beaucoup de Palestiniens, ce moment n’a pas signifié un soulagement, mais la confirmation d’un système qui continue de réguler les déplacements par la contrainte et la peur, au cœur d’une guerre génocidaire persistante.

Source : Safa News