Gaza : quand l’absence de soins devient une arme

À l’intérieur du plus grand complexe médical de Gaza, les médecins sont désormais contraints de soigner des patients sans disposer des outils diagnostiques les plus élémentaires. À l’hôpital Al-Shifa, la destruction des équipements d’imagerie médicale a placé le personnel de santé dans une situation impossible, où des décisions vitales doivent être prises sans scanner, sans image ni confirmation clinique fiable. Les dégâts ont privé l’hôpital de sa capacité à fonctionner comme centre de référence, alors que les blessures et maladies critiques se multiplient dans le contexte de la guerre génocidaire.

Selon le personnel médical de l’établissement, les dispositifs d’imagerie avancée ont été rendus inutilisables de manière délibérée. Les appareils d’IRM récemment installés ont été détruits, et l’ensemble du stock de ces machines à travers la bande de Gaza a été éliminé. Les scanners ont été incendiés à l’intérieur des hôpitaux, tandis que presque tous les appareils à ultrasons ont été endommagés, laissant une seule unité fonctionnelle à capacité minimale. Même la radiologie conventionnelle n’a pas été épargnée : la plupart des équipements ont été détruits, et les rares restants sont obsolètes et incapables de répondre aux besoins des patients.

Les conséquences sont immédiates et dramatiques. Sans imagerie fiable, les médecins peinent à diagnostiquer les blessures internes, les affections neurologiques et les maladies complexes, en particulier dans les situations d’urgence. Les retards et l’incertitude aggravent l’état des patients, mettant leurs vies en danger permanent. Les responsables hospitaliers avertissent que l’ensemble du système de santé est proche de l’effondrement, alors que les attaques répétées et les restrictions continuent de démanteler ce qui reste de l’infrastructure médicale à Gaza, au cœur d’un génocide en cours.

Source : Safa News