Lorsque Bashar al-Belbesy parle de son corps, c’est avec retenue plutôt qu’avec amertume. Le jeune danseur, élevé dans la bande de Gaza, a été gravement blessé lors d’un bombardement au cœur de la guerre génocidaire en cours, avant d’être transféré à Rennes pour un traitement spécialisé. Loin de chez lui, sa convalescence se déroule dans le calme des chambres et des couloirs d’hôpital, contraste saisissant avec la dévastation qui a bouleversé sa vie et son environnement.
Ce déplacement en France lui a offert sécurité et soins, mais a aussi mis en lumière la distance qui le sépare d’une terre où des quartiers entiers ont été rasés et où les routines quotidiennes ont été effacées. À Rennes, il vit modestement avec son frère cadet, apprenant à naviguer la rééducation tout en assimilant le choc du déracinement soudain. Il évite de se replonger dans le moment de sa blessure, préférant se concentrer sur le fait d’avoir survécu quand tant d’autres n’ont pas eu cette chance, et sur l’opportunité de guérir loin des bombardements qui ont façonné cette guerre génocidaire.
La danse, insiste-t-il, reste au cœur de son identité. Même en réapprenant l’équilibre et la force, il parle d’enseigner aux enfants, de préserver l’expression culturelle et d’offrir aux jeunes générations un sentiment de continuité que la violence a tenté de briser. Pour lui, le mouvement n’est pas seulement un art, mais un acte de résistance, un moyen d’affirmer son identité face à une réalité qui cherche à fragmenter corps et communautés.
Source : Safa News