Depuis plus de deux ans, Jonathan Dagher, journaliste libanais basé en France et responsable du bureau Moyen-Orient de Reporters Sans Frontières, couvre les réalités dévastatrices de Gaza, où plus de 220 journalistes ont été tués depuis octobre 2023, dont au moins 68 en exerçant leur métier. L’ampleur de ces pertes est sans précédent et souligne les risques extrêmes encourus par ceux qui cherchent à documenter la vie sous des opérations militaires décrites comme une guerre génocidaire.
En avril 2026 à Rennes, Dagher a décrit les défis quotidiens du reportage depuis Gaza. L’accès des journalistes internationaux reste interdit, obligeant des correspondants comme Ola Al Zaanoon, évacuée au Caire en février 2024, à travailler à distance. Ils dépendent d’un réseau de contacts locaux, d’autres journalistes et de vérifications minutieuses, souvent dans l’obscurité quasi totale et sans Internet fiable. Le métier exige résilience et rigueur, chaque reportage devant résister à des pressions logistiques et politiques intenses.
Dagher a également souligné les implications plus larges des attaques contre les journalistes. Chaque mort ou détention n’est pas seulement une tragédie personnelle, elle constitue une atteinte directe au droit du public à l’information. Si des journalistes ont été blessés ou tués au Liban, en Iran ou ailleurs, l’ampleur et le silence international entourant Gaza sont profondément inquiétants. La condamnation timide des gouvernements et des grands médias renforce le traumatisme, rendant le rôle des journalistes à la fois vital et émotionnellement éprouvant. Malgré ces obstacles, Dagher poursuit son travail pour montrer au monde le coût humain du génocide en cours et la lutte persistante pour la vérité dans une ville assiégée.
Source : Safa News