Silwan : même les oiseaux dans le viseur municipal

Dans le quartier d’Al-Bustan, à Silwan, au sud de la mosquée Al-Aqsa, des habitants affirment que les mesures municipales ont franchi un nouveau cap, s’étendant désormais des maisons et des terrains aux moindres détails de la vie quotidienne. Un récent ordre émis par la municipalité de Jérusalem a imposé des amendes et des mesures de confiscation concernant des oiseaux élevés dans une résidence privée, une décision que les riverains qualifient d’inédite dans le quartier.

L’affaire concerne un chercheur basé à Jérusalem dont le domicile à Al-Bustan avait déjà été démoli auparavant. Selon les informations rapportées, les autorités municipales ont considéré la présence des oiseaux comme illégale, invoquant l’absence de permis et affirmant qu’elle ne relevait pas des règlements d’urbanisme approuvés. Les habitants indiquent que l’ordre était assorti d’un délai strict pour retirer les oiseaux, sous peine de nouvelles sanctions financières et de confiscation, renforçant le sentiment que les réglementations sont appliquées de manière de plus en plus intrusive.

Al-Bustan est depuis longtemps confronté aux démolitions, aux saisies de terres et aux restrictions en matière d’aménagement. Mais pour les résidents, l’application des mesures s’est intensifiée dans le cadre d’une stratégie plus large visant à remodeler les zones entourant la Vieille Ville de Jérusalem. Amendes répétées et injonctions successives seraient utilisées pour maintenir une pression constante, fragiliser la stabilité des familles et les dissuader de rester dans leurs foyers. Les projets liés à la création de parcs et de parkings sont largement perçus, sur place, comme servant l’expansion des colonies plutôt que les besoins des habitants.

Pour de nombreux habitants de Silwan, le fait de cibler des oiseaux est devenu le symbole de l’ampleur de l’ingérence municipale dans l’existence quotidienne. Ils estiment que ces mesures visent à éroder la vie sociale et à rompre les liens anciens avec la terre, en particulier dans les quartiers soumis à des campagnes de démolition continues. Malgré la pression croissante, les résidents affirment que ces décisions ne briseront ni leur attachement au quartier ni leur détermination à y demeurer.

Source : Safa News