À l’approche du Ramadan 2026 en France, une organisation musulmane de défense des consommateurs a appelé les responsables de mosquées à faire preuve d’une vigilance éthique stricte quant aux personnalités invitées aux iftars collectifs. Elle met en garde contre la présence de figures ayant publiquement soutenu les actions militaires israéliennes, estimant que les lieux de culte doivent rester à l’écart de toute normalisation politique de la violence, alors que le peuple palestinien subit ce que l’organisation qualifie de guerre génocidaire continue.
Dans un communiqué publié plusieurs semaines avant le début du jeûne, attendu vers la mi-février, l’organisation alerte sur le risque de voir des espaces religieux instrumentalisés pour blanchir des positions politiques à travers le symbolisme et le cérémonial. Accueillir des soutiens de l’armée israélienne lors d’iftars, souligne-t-elle, reviendrait à banaliser de graves exactions contre des civils et à porter atteinte aux fondements moraux du Ramadan, mois traditionnellement associé à la retenue, à la solidarité et à l’attention portée aux peuples opprimés.
Le texte rappelle que des invitations similaires, lors du Ramadan précédent, avaient suscité une vive colère au sein des fidèles, ces gestes étant perçus comme contraires aux principes religieux essentiels. L’organisation évoque également un événement récemment programmé dans une grande mosquée parisienne, impliquant une personnalité religieuse connue pour son soutien à l’armée israélienne, jugeant cette participation incompatible avec les valeurs éthiques qui doivent prévaloir dans les lieux de culte musulmans.
La déclaration rejette par ailleurs l’usage du concept de « dialogue interreligieux » comme paravent permettant d’excuser des atteintes graves aux civils. Le dialogue, affirme-t-elle, ne saurait devenir une couverture morale pour ceux qui légitiment la mise à mort d’innocents dans le cadre d’une guerre qualifiée de génocidaire, ni brouiller la frontière entre échange spirituel et caution politique.
Réaffirmant que les mosquées sont avant tout des espaces de recueillement et de dévotion, et non des tribunes politiques, l’organisation conclut en appelant les responsables religieux à refuser toute invitation adressée à des personnes ayant défendu ou justifié la mort de Palestiniens, quel que soit leur statut ou leur confession. Les iftars collectifs, insiste-t-elle, doivent incarner la conscience autant que l’hospitalité.
Source : Safa News