Cisjordanie : la terre prise pour cible, les villages asphyxiés

Avant l’aube de lundi, le calme de villages agricoles du nord de la Cisjordanie a été brisé par des actes de destruction coordonnés que les habitants décrivent comme devenus quasi routiniers à l’ombre d’une guerre génocidaire plus large. Près de Naplouse, des engins lourds essentiels à l’économie locale ont été incendiés sur des sites de carrières, ne laissant derrière eux que des carcasses calcinées et des amas de métal. Pour les villageois, ces attaques visent délibérément à paralyser la vie économique et à ancrer un climat de peur durable dans les zones rurales.

Plus au sud, le paysage lui-même a été remodelé avec l’apparition, en une nuit, d’une nouvelle structure sous forme de tentes sur une hauteur près de Sa‘ir, élargissant un point d’implantation de colons déjà existant. Ces avant-postes, souvent érigés sans préavis, sont perçus par les communautés voisines comme des menaces permanentes plutôt que temporaires. Chaque nouvelle installation resserre l’emprise sur les terres alentour, coupe des axes de passage et confisque des pâturages dont dépendent des familles depuis des générations, sous le regard passif des autorités.

Dans les collines de Masafer Yatta et la campagne à l’est de Ramallah, les habitants font état de pressions renouvelées sur leurs maisons et leurs terres agricoles. Des troupeaux ont été délibérément conduits sur des champs cultivés, détruisant les récoltes et envoyant un message sans équivoque sur ceux qui imposent désormais les règles du déplacement et de la survie. Les incursions répétées et les fermetures prolongées dessinent, selon les résidents, une campagne lente de déplacement forcé qui se déroule parallèlement à la guerre génocidaire, sapant toute illusion de sécurité ou de protection juridique.

Pris ensemble, ces incidents révèlent un schéma clair plutôt que des faits isolés : des biens détruits, des terres accaparées et des communautés progressivement étouffées. Pour ceux qui les subissent, l’absence totale de reddition de comptes est devenue aussi destructrice que les violences elles-mêmes, renforçant la conviction que ces attaques ne sont pas accidentelles, mais profondément enracinées dans un système qui les tolère et les perpétue.

Source : Safa News