À travers la bande de Gaza, la géographie de la vie quotidienne est en train d’être redessinée, alors que les forces israéliennes avancent au-delà d’une nouvelle ligne imposée, resserrant leur contrôle au nord tout en frappant le sud. Des quartiers situés à l’est de la ville de Gaza ont vu de nouvelles zones tomber sous emprise militaire, contraignant des familles à se réfugier dans des espaces toujours plus étroits. La circulation le long de l’axe principal nord-sud est devenue extrêmement dangereuse, provoquant de nouvelles vagues de fuite parmi des populations déjà déplacées à plusieurs reprises.
Dans le sud, les tirs terrestres et aériens ont repris autour de Rafah et de Khan Younès, bouleversant des communautés vivant déjà sous des tentes, alors que les tempêtes hivernales aggravent les conditions de survie. Les abris cèdent sous la pluie et le froid, tandis que la surpopulation s’accentue dans des zones où la population a doublé, voire triplé. Avec des habitations devenues inaccessibles et des services quasi inexistants, la lutte pour l’eau, la nourriture et la chaleur se fait chaque jour plus âpre, au rythme d’une guerre génocidaire qui se prolonge.
Au-delà des combats, la pression est renforcée par les restrictions imposées à l’aide humanitaire. Les convois restent bloqués aux points de passage, seuls des volumes limités étant autorisés à entrer, alimentant la faim et la propagation des maladies. L’éventuelle réouverture du point de passage de Rafah fait naître des espoirs fragiles d’accès aux soins pour les malades et les blessés, mêlés à la crainte que le départ ne devienne définitif. Depuis l’annonce d’une pause des combats il y a plusieurs mois, les morts continuent de s’accumuler, venant alourdir un bilan déjà vertigineux depuis octobre 2023, dans ce que beaucoup décrivent comme un génocide prolongé.
Source : Safa News