Le traitement des détenus palestiniens arrêtés depuis l’escalade de la violence à Gaza soulève de graves inquiétudes juridiques et humanitaires. Des analyses juridiques indiquent que les conditions décrites par des prisonniers récemment libérés violent les principes fondamentaux du droit international, notamment les troisième et quatrième Conventions de Genève, qui garantissent un traitement humain, une alimentation suffisante, des soins médicaux et le droit au contact familial. Les autorités pénitentiaires sont accusées de bafouer systématiquement ces obligations, imposant des punitions collectives à travers une surpopulation extrême, la privation de nourriture et le refus d’accès à l’hygiène, à l’assistance juridique et aux droits élémentaires.
Les témoignages des anciens détenus dressent un tableau saisissant de la vie derrière les barreaux, où la frontière entre sanction et cruauté semble abolie. Ils évoquent des pertes de poids importantes dues à des rations dérisoires et avariées, mais aussi une violence psychologique profonde, marquée par des fouilles humiliantes et la confiscation d’effets personnels et religieux. Pour les femmes détenues, les abus se traduisent également par le refus de produits d’hygiène et l’atteinte systématique à la dignité, révélant une pratique répressive qui ne fait aucune distinction de genre. Les séquelles physiques et mentales, affirment-elles, perdurent bien après la libération.
Cette réalité est aggravée par l’absence quasi totale de contrôle indépendant. Les principales organisations internationales et humanitaires se voient régulièrement interdire l’accès aux centres de détention, en particulier ceux accueillant des prisonniers originaires de Gaza. Même lorsque des recours juridiques internes aboutissent sur le papier, ils restent sans effet concret, les administrations pénitentiaires ignorant les décisions de justice. Cette situation illustre une crise profonde de l’application du droit international, où des violations documentées demeurent sans sanction, laissant perdurer des conditions que des experts décrivent comme « assimilables à un traitement réservé aux animaux », dans l’ombre de la crise en cours.
Source : Safa News