Gaza : chaleur écrasante et invasion de nuisibles dans les camps de déplacés

Alors que les températures augmentent à Gaza, les familles déplacées par la guerre génocidaire en cours font face à une nouvelle couche de souffrance dans les camps de tentes surpeuplés disséminés dans le sud du territoire. Dans des zones comme Al-Mawasi, près de Khan Younès, les abris de fortune sont envahis par les moustiques, les puces et les cafards, qui prolifèrent au milieu des eaux usées non traitées, des déchets non collectés et de systèmes d’assainissement en décomposition. Les habitants décrivent une chaleur qui transforme ces tentes fragiles en espaces étouffants où le sommeil devient presque impossible.

Les parents racontent des nuits dominées par les pleurs des enfants souffrant de piqûres douloureuses et de démangeaisons sévères. De nombreuses familles dorment directement sur un sol recouvert de sable, avec pour seule protection de fines couvertures face aux infestations de puces. L’accès aux médicaments, aux répulsifs et aux produits d’hygiène de base étant désormais très limité, même les infections cutanées mineures deviennent préoccupantes. Plusieurs déplacés affirment que le début de l’été est déjà insupportable, tandis que l’inquiétude grandit quant aux conditions qui pourraient prévaloir lors des pics de chaleur à venir.

Les personnes âgées et les enfants apparaissent particulièrement vulnérables. Un grand-père déplacé du nord de Gaza explique que les familles sont contraintes de laisser les ouvertures des tentes dégagées pour laisser passer l’air, malgré l’invasion immédiate d’insectes après le coucher du soleil. Autour de nombreux camps, des eaux stagnantes se sont accumulées près des abris, créant des foyers idéaux pour la prolifération des nuisibles. Les habitants disent vivre dans un état d’épuisement constant, entre nuits passées à chasser les insectes et longues heures à chercher de l’eau sous une chaleur extrême.

La détresse psychologique s’aggrave également. Des étudiants et des parents vivant dans les camps décrivent des réveils fréquents en pleine nuit, pris de panique alors que des insectes se déplacent sur les matelas, les vêtements et les réserves alimentaires. Les familles, déjà traumatisées par les déplacements répétés et les bombardements, font face à des craintes croissantes de propagation de maladies dans des espaces surpeuplés. Des médecins travaillant dans des cliniques temporaires relient déjà l’augmentation des cas de fièvre, d’éruptions cutanées et d’infections à la dégradation des conditions environnementales autour des camps.

Les autorités locales et les organisations humanitaires continuent d’alerter sur la trajectoire vers une grave catastrophe sanitaire à Gaza. Les systèmes de collecte des déchets et les réseaux d’assainissement se sont largement effondrés après des mois de destructions liées à la guerre génocidaire, laissant d’importantes quantités d’ordures et d’eaux contaminées à proximité des zones de déplacement densément peuplées. Les professionnels de santé craignent que la hausse des températures, la prolifération des insectes et l’affaiblissement des services médicaux n’accélèrent la propagation de maladies infectieuses au cours des mois d’été.

Source : Safa News