Des blessés condamnés à vivre avec des éclats d’obus dans un système de santé en ruine

À Gaza, des milliers de blessés continuent de porter dans leur corps les traces directes de la guerre, avec des éclats d’obus toujours logés dans les os, les muscles ou près des nerfs. Pour beaucoup, la fin des bombardements ne marque pas la fin de la souffrance : les douleurs persistent, s’aggravent et transforment la survie en combat quotidien.

Dans des hôpitaux saturés et gravement affaiblis par les destructions et le manque de matériel, les équipes médicales disent ne plus pouvoir réaliser de nombreuses interventions chirurgicales délicates. Les opérations nécessaires pour retirer ces fragments sont souvent repoussées, faute d’équipements spécialisés, de médicaments et de blocs opératoires fonctionnels.

Parmi les cas les plus frappants, celui de Mohammad Shaaban, 30 ans, contraint au fauteuil roulant après avoir été touché lors d’une frappe, vit désormais avec des éclats dans la colonne et la jambe. Il décrit une douleur permanente et une dépendance totale, alors que les médecins lui expliquent que son seul espoir de traitement reste une prise en charge hors de Gaza. À ses côtés, la petite Jouri, 4 ans, souffre d’éclats logés dans la tête, provoquant douleurs nerveuses et troubles moteurs, sans possibilité d’intervention locale.

Selon les services de santé, environ 10 000 blessés auraient besoin d’opérations avancées en orthopédie, neurochirurgie ou chirurgie vasculaire, dans un contexte où les pénuries de médicaments essentiels et de matériel médical dépassent des niveaux critiques.

Source : Safa News