Alors qu’une grande partie du monde célébrait la Journée mondiale de l’environnement en appelant à la protection de la planète et au développement durable, les autorités de Gaza ont alerté sur l’effondrement imminent des systèmes d’eau et d’assainissement dans l’enclave, sous l’effet de la guerre et du blocus imposés par Israël. Selon les responsables locaux, les restrictions touchant le carburant, les matériaux de réparation, les équipements et les fournitures techniques ont conduit les infrastructures essentielles au bord de la paralysie, exposant plus de deux millions de Palestiniens à des risques sanitaires et environnementaux grandissants.
Les services municipaux à travers la bande de Gaza peinent à maintenir en fonctionnement les usines de dessalement, les puits d’eau et les stations de pompage des eaux usées, alors que les réserves de carburant s’épuisent rapidement. Des ingénieurs et responsables locaux expliquent que le territoire a besoin de dizaines de milliers de mètres cubes d’eau potable chaque jour pour répondre aux besoins domestiques et médicaux les plus élémentaires, notamment durant les mois d’été où les températures augmentent fortement. Faute de pièces de rechange et d’équipements de maintenance, de nombreuses installations endommagées par la guerre ne sont plus en mesure de fonctionner normalement, faisant craindre des pénuries d’eau généralisées et une aggravation de la contamination.
Les inquiétudes se multiplient également concernant l’accumulation des eaux usées dans les quartiers densément peuplés et les camps de réfugiés. Les autorités de la ville de Gaza ont averti que la lagune de Sheikh Radwan reçoit chaque jour d’importantes quantités d’eaux non traitées en raison des défaillances répétées des stations de pompage voisines. Les habitants vivant à proximité sont exposés à un risque croissant d’épidémies, à une dégradation de leur environnement et à des conditions de vie de plus en plus difficiles à mesure que le niveau des eaux usées augmente.
Les responsables sanitaires ont également mis en garde contre de graves perturbations dans les hôpitaux, dont plusieurs dépendent des systèmes de dessalement pour assurer des traitements vitaux, notamment les séances de dialyse et les soins d’urgence. Sans approvisionnement en carburant ni matériel de fonctionnement, ces services pourraient être compromis dans un avenir proche.
Face à cette situation, les institutions locales ont appelé les Nations unies, les pays donateurs et les organisations humanitaires à intervenir d’urgence afin de garantir un accès sans restriction aux équipes techniques et l’acheminement immédiat de carburant, de chlore, de pompes et de matériaux nécessaires aux réparations. Elles ont également réclamé le lancement d’un vaste programme de reconstruction des secteurs de l’eau, de l’assainissement et de l’énergie à Gaza, avertissant que tout retard supplémentaire pourrait provoquer une catastrophe environnementale et sanitaire dont les conséquences dépasseraient largement les frontières du territoire.
Source : Safa News