Pour de nombreuses familles déplacées à Gaza, les tentes surpeuplées et les abris de fortune sont devenus bien plus qu’un simple refuge temporaire face à la guerre génocidaire en cours. Pour les enfants autistes, ces espaces se transforment en environnements profondément éprouvants, où le bruit constant, l’instabilité et la peur provoquent des crises émotionnelles et comportementales sévères.
À travers l’enclave, des parents expliquent que leurs enfants autistes peinent à supporter le vacarme incessant des explosions, des avions militaires et la densité extrême des camps, où toute routine a disparu. La perte des soins spécialisés, des thérapies, de l’éducation et des espaces sécurisés a laissé de nombreuses familles isolées, alors que les conditions de vie continuent de se détériorer.
Dans la zone d’Al-Mawasi, à l’ouest de Khan Younès, la famille de Mohammed Mansour, un enfant de neuf ans, décrit une lutte quotidienne pour protéger leur fils au cœur d’un camp de déplacés chaotique. Sa mère raconte qu’il s’est à plusieurs reprises éloigné de la tente familiale, submergé par le bruit et la confusion environnante. Chaque disparition déclenche des recherches paniquées parmi les rangées de tentes presque identiques, dans la crainte qu’il ne soit perdu ou en danger.
Elle explique que son fils est souvent incapable de dire son nom ou de retrouver son chemin vers sa famille, transformant chaque disparition en ce qu’elle décrit comme « une menace réelle pour sa vie ». Avant la guerre génocidaire, la famille avait voyagé à l’étranger pour des soins spécialisés et prévoyait de poursuivre une thérapie en Turquie, avant que la fermeture des frontières ne les enferme à Gaza.
Une autre famille a connu un drame encore plus tragique. Anas Ahmed, 11 ans, souffrant d’un autisme sévère selon ses proches, aurait quitté la tente familiale lors de bombardements intenses il y a plusieurs mois, pris de panique extrême. Désorienté dans les camps de déplacés, il aurait atteint une zone proche de positions militaires israéliennes à Rafah, où il a été mortellement touché. Son corps aurait été retrouvé deux jours plus tard.
Des défenseurs des droits humains estiment que ces événements illustrent l’absence totale de mécanismes de protection pour les personnes handicapées et les enfants vulnérables dans les camps de déplacement à Gaza. Salah Abdel Ati, de la Commission internationale de soutien aux droits du peuple palestinien, avertit que l’absence de dispositifs spécialisés de suivi, d’assistance et de réunification familiale expose ces enfants à des dangers extrêmes dans des environnements qui ne respectent même pas les standards humanitaires les plus élémentaires.
Il souligne que la protection des personnes en situation de handicap ne peut se limiter à la distribution de tentes et d’aide alimentaire, appelant à la création de zones plus calmes, de dispositifs de soutien psychologique et de structures de soins adaptées. Sans cela, affirme-t-il, les camps de déplacement risquent de devenir des lieux où la souffrance n’est pas seulement subie, mais reproduite au quotidien.
Source : Safa News