Dans le nord de la bande de Gaza, des écrivains et des poètes palestiniens ont recommencé à se réunir dans des tentes pour organiser de modestes salons littéraires, faisant revivre des espaces culturels disparus au fil des années de guerre génocidaire. Autour de tables improvisées, les participants récitent des vers façonnés par le deuil, la faim et le déplacement, transformant leurs douleurs personnelles en un récit collectif de la vie sous siège. Pour de nombreux observateurs, ces rencontres constituent une forme de résistance culturelle, préservant l’identité palestinienne face à la destruction et aux tentatives d’effacement.
À l’origine de cette initiative se trouve le poète Nidal Barbakh, cofondateur du salon « Printemps de la créativité », qui explique que ces rassemblements visent à raviver le moral et à restaurer un sentiment d’appartenance dans des circonstances exceptionnelles. Lors d’une soirée particulièrement émouvante, Barbakh a lu un poème dédié à ses deux enfants, Ramiz et Nahid, tués au début de la guerre, un témoignage poignant des pertes immenses subies par de nombreuses familles à Gaza.
D’autres figures culturelles, dont Mustafa Lqan et Jihad Al Arja, soulignent que ces salons dépassent le simple cadre artistique. Ils constituent aussi des espaces de soutien psychologique et des lieux où s’écrit la mémoire collective. Alors que maisons et institutions culturelles gisent en ruines, les poètes ont transformé les tentes en tribunes d’expression, faisant des mots une ligne de défense essentielle pour la mémoire, la résilience et la survie de la culture palestinienne.
Source : Safa News