À Gaza, la santé des femmes au bord de la catastrophe

Les femmes et les jeunes filles de la bande de Gaza font face à des conditions mettant leur vie en danger après plus de deux ans de guerre génocidaire, selon un nouveau rapport publié par Amnesty International. L’organisation affirme que la destruction des infrastructures médicales et les restrictions sévères imposées à l’aide humanitaire ont exposé les Palestiniennes à des risques sanitaires croissants, en particulier pendant la grossesse et l’accouchement. Selon le rapport, l’impact cumulé de la guerre a poussé de nombreuses femmes « au bord de la catastrophe ».

Basée sur des entretiens menés en février avec des dizaines de femmes déplacées et de professionnels de santé, l’étude décrit un système de santé au bord de l’effondrement. Des médecins signalent une forte augmentation des complications maternelles et néonatales alors que les hôpitaux fonctionnent avec des moyens extrêmement limités. D’après les données de l’Organisation mondiale de la santé citées dans le rapport, près de 60 % des établissements de santé de Gaza ne sont plus opérationnels. Les unités néonatales, quant à elles, fonctionnent bien au-delà de leur capacité, obligeant parfois les équipes médicales à placer plusieurs nouveau-nés dans un seul incubateur.

La pénurie de médicaments et d’équipements aggrave encore la crise. Près de la moitié des médicaments essentiels sont indisponibles, contraignant les médecins à improviser des traitements et à réutiliser du matériel normalement destiné à un usage unique. L’effondrement des services de base s’accompagne également d’une malnutrition croissante chez les femmes. Selon des estimations des Nations unies, des dizaines de milliers de femmes enceintes et allaitantes pourraient souffrir de malnutrition aiguë dans les mois à venir.

De nombreuses mères déplacées racontent devoir vivre leur grossesse et leur convalescence dans des tentes surpeuplées, dépourvues d’assainissement, de chauffage ou d’air sain. Les personnes atteintes de maladies chroniques sont également gravement touchées, des milliers d’entre elles nécessitant une évacuation médicale urgente. Pourtant, ces évacuations sont quasiment à l’arrêt depuis la fermeture des points de passage, notamment celui de Rafah, à la suite de l’escalade régionale impliquant l’Iran plus tôt cette année.

Malgré l’annonce d’un accord de cessez-le-feu en octobre 2025, la violence s’est poursuivie dans la bande de Gaza, aggravant encore la situation humanitaire. Les autorités sanitaires palestiniennes signalent des centaines de morts supplémentaires depuis l’annonce de cet accord, parmi lesquelles des femmes et des enfants. Face à ce qu’elle décrit comme une succession d’échecs humanitaires, Amnesty International appelle les gouvernements du monde entier à accroître la pression diplomatique afin de mettre fin au blocus et de garantir l’accès aux soins médicaux pour la population civile de Gaza.

Source : Safa News