Le complexe de la mosquée Al-Aqsa, à Jérusalem, reste fermé depuis dix jours consécutifs sous de strictes restrictions imposées par les autorités israéliennes, empêchant des milliers de fidèles musulmans d’accéder au site au moment même où commencent les dix dernières nuits, les plus sacrées du mois de Ramadan. Des grilles métalliques et un dispositif sécuritaire renforcé bloquent désormais l’accès aux esplanades du troisième lieu saint de l’islam, laissant l’enceinte habituellement bondée presque vide durant des nuits qui attirent traditionnellement d’immenses foules de fidèles venus prier et se recueillir.
Cette fermeture intervient précisément pendant la dernière décade du Ramadan, période durant laquelle de nombreux musulmans se rendent à Jérusalem pour accomplir les prières et observer l’i‘tikaf au sein de l’enceinte de la mosquée. Les autorités israéliennes affirment que ces restrictions sont liées à l’état d’urgence décrété après une récente escalade régionale impliquant l’Iran. Pour de nombreux Palestiniens de Jérusalem et des territoires occupés, cette décision signifie cependant être privés de pratiques religieuses profondément ancrées au moment le plus important du calendrier islamique.
Au-delà de la mosquée elle-même, les forces israéliennes ont également renforcé les restrictions autour de la vieille ville. Les abords de Bab al-Amud (la porte de Damas) ont été fortement sécurisés, et des commerces locaux auraient reçu l’ordre de fermer après que des habitants ont distribué des repas d’iftar aux passants. À l’intérieur du complexe, les salles de prière et les vastes cours demeurent inaccessibles, transformant un lieu habituellement animé en un sanctuaire silencieux et presque désert.
Cette situation alimente la colère d’institutions religieuses et d’organisations communautaires à Jérusalem, qui avertissent que des restrictions prolongées risquent d’altérer le caractère religieux et historique du site. Dans le même temps, des sources locales indiquent que rassemblements et activités ont continué ailleurs dans la ville, notamment à proximité du Mur occidental, soulignant ce que de nombreux habitants perçoivent comme un déséquilibre dans l’application des restrictions.
Dans ce climat de tension, des érudits religieux et des responsables communautaires appellent les musulmans à maintenir une présence autour de la mosquée autant que possible. Des appels circulent invitant les fidèles à prier aux portes du sanctuaire s’ils ne peuvent y entrer. Pour de nombreux habitants de Jérusalem, les esplanades vides d’Al-Aqsa pendant les nuits les plus sacrées du Ramadan sont devenues le symbole puissant d’une ville où l’accès aux lieux saints est de plus en plus contesté.
Source : Safa News