Aux premières heures de lundi, les forces israéliennes ont mené une large incursion militaire au nord de Jérusalem occupée, ciblant le camp de réfugiés de Qalandiya et la localité de Kafr ‘Aqab. L’opération s’est traduite par des perquisitions systématiques de maisons, des évacuations forcées de résidents et la transformation temporaire de plusieurs appartements civils en espaces à usage militaire. Ces événements s’inscrivent dans un contexte de guerre génocidaire marquée par des incursions répétées dans des zones civiles densément peuplées.
Des habitants décrivent une entrée soudaine et violente dans les immeubles résidentiels à l’aube. Un résident du camp de Qalandiya raconte avoir été réveillé vers 3h30 du matin, lorsque des soldats ont investi son immeuble de sept étages, fouillé chaque appartement et ordonné à toutes les familles de quitter les lieux. Le bâtiment a ensuite été réquisitionné et déclaré zone militaire fermée. Il évoque un climat de peur permanente, notamment chez les enfants, pour qui la nuit est désormais associée aux explosions et aux raids plutôt qu’à une vie quotidienne normale.
À Qalandiya, Al-Ram et Kafr ‘Aqab, des scènes similaires ont été rapportées : intrusions répétées dans les habitations, destructions de biens, portes forcées, intérieurs vandalisés et perturbation généralisée de la vie quotidienne. Une clinique locale de l’UNRWA a également été endommagée, sa porte d’entrée ayant été détruite lors de l’opération. Les habitants estiment que ces actions cumulées rendent la vie civile quasiment impossible dans plusieurs quartiers.
Selon des sources médicales, au moins quatre personnes ont été blessées après avoir été battues durant les opérations, tandis que des dizaines d’autres ont été arrêtées, y compris d’anciens détenus. Ces arrestations se sont accompagnées de fouilles, d’interrogatoires sur le terrain et de notifications de démolition visant de nombreux bâtiments résidentiels et commerciaux, au motif de constructions sans permis, ce qui accentue les inquiétudes quant à l’avenir du logement et de l’économie locale.
Les autorités locales à Jérusalem dénoncent des violations graves du droit international, notamment de la quatrième Convention de Genève, pointant l’absence de mécanismes de responsabilité internationale. Elles estiment que ces pratiques contribuent à transformer, par la force, la réalité démographique et urbaine de la région.
Par ailleurs, des équipes médicales ont pris en charge plusieurs blessés, confirmant l’ampleur des dommages physiques et psychologiques causés par ces opérations nocturnes. À l’échelle de la Cisjordanie, des dizaines d’arrestations ont également été signalées lors de raids simultanés concentrés dans la même zone au nord de Jérusalem.
Source : Safa News