Derrière les pierres millénaires de la vieille ville de Jérusalem, le commerce a presque disparu après que de vastes restrictions ont forcé la majorité des commerçants à baisser leurs rideaux. Les points d’accès ont été scellés, la circulation strictement contrôlée, et les marchés étroits qui portaient autrefois le bruit des négociations et des pas sont restés silencieux. Pour les familles dont les revenus dépendent du commerce quotidien dans les murs, cet arrêt soudain a signifié la perte immédiate de leur gagne-pain et une incertitude qui dépasse largement ce qu’on appelle “l’état d’urgence”.
Le moment choisi a aggravé le choc. Les semaines précédant le Ramadan sont traditionnellement celles où les commerçants compensent les pertes accumulées durant l’année, en stockant pour les pèlerins et les soirées animées. Au lieu de cela, l’interdiction d’entrée depuis les zones alentours a vidé les rues, laissant les marchands avec des produits périssables, des loyers impayés et des dettes croissantes. Ce qui aurait dû être une période de renouveau s’est transformé en saison de tension, aggravant une crise économique déjà fragile.
Les restrictions ne se sont pas limitées au commerce, mais ont touché le cœur religieux de la ville. L’accès à la mosquée Al-Aqsa a été restreint, limitant l’entrée des fidèles et du personnel et réduisant l’autorité du Waqf jordanien qui supervise le site. Le cheikh vétéran Ikrima Sabri a mis en garde contre l’érosion des arrangements établis de longue date et la violation de la liberté de culte, soulignant que les fermetures répétées sous prétexte d’urgence risquent de modifier l’équilibre religieux et social de la ville.
Source : Safa News