Solidarité criminalisée : une militante pro-palestinienne jugée à Paris

Des soutiens se sont rassemblés cette semaine devant un tribunal parisien alors qu’Olivia Zémor, militante de longue date pour les droits des Palestiniens et fondatrice d’Euro-Palestine, comparaissait pour ce que les autorités qualifient « d’apologie du terrorisme ». Une incrimination fondée sur des lois françaises au champ très large, de plus en plus mobilisées contre des prises de parole liées à la guerre génocidaire en cours contre le peuple palestinien. Pour les défenseurs des libertés publiques, l’affaire illustre un rétrécissement inquiétant de l’espace du dissentiment.

Olivia Zémor rejette fermement l’accusation. Selon elle, l’État a choisi de criminaliser la solidarité plutôt que d’affronter la dévastation qui ravage Gaza. L’objectif, affirme-t-elle, est l’intimidation : faire de figures visibles des exemples afin d’encourager l’autocensure. La procédure découle d’un article en ligne publié en octobre 2023, évoquant des événements liés à Gaza, les bombardements aériens israéliens et des opérations menées en Cisjordanie occupée durant la guerre actuelle. Le parquet estime que le texte a franchi une ligne légale ; ses soutiens y voient l’expression d’une opposition politique à la violence de masse et au châtiment collectif.

Cette comparution s’inscrit dans un durcissement plus large. Depuis 2023, des centaines de personnes en France ont été poursuivies sur des bases similaires, une dynamique que les critiques décrivent comme une escalade destinée à étouffer le débat public sur la Palestine. Des syndicats et organisations de défense des droits humains soulignent que cette offensive judiciaire coïncide avec la tolérance occidentale envers des massacres de civils, tandis que l’attention se porte sur celles et ceux qui les dénoncent.

Habituée des prétoires après des décennies d’engagement, Zémor assure que ces poursuites ne la feront pas taire, pas plus qu’elles n’arrêteront le mouvement. Des observateurs juridiques notent que les peines se traduisent souvent par des amendes ou des sursis, mais que leur portée symbolique est considérable : elles transforment la parole politique sur une guerre génocidaire en risque pénal. Alors que le débat sur la liberté d’expression s’intensifie en France, ce procès cristallise une question centrale : peut-on encore condamner la violence de masse et exiger justice pour les Palestiniens sans craindre des poursuites ?

Source : Safa News