Pour la première fois depuis le début de la guerre génocidaire menée contre Gaza, l’armée israélienne a reconnu en privé des chiffres de victimes situant le nombre de Palestiniens tués à plus de 71 000 depuis début octobre. Cet aveu marque un tournant notable après des mois de rejet systématique des bilans sanitaires locaux, longtemps qualifiés de non fiables, alors que l’ampleur de la destruction dans l’enclave ne laisse plus de doute sur la gravité des pertes subies par la population civile.
Les registres de santé établis à l’intérieur de Gaza, maintenus malgré des conditions extrêmes, ont de manière constante recensé les morts à partir de données personnelles détaillées. Si ces archives étaient auparavant balayées d’un revers de main, des responsables israéliens admettent désormais que l’ordre de grandeur correspond globalement à leurs propres évaluations internes. Des désaccords persistent sur les classifications, les autorités israéliennes continuant de distinguer civils et combattants, une différenciation qui ne change en rien la réalité centrale d’une mort de masse au cœur d’une guerre qualifiée de génocidaire.
Des médecins et des administrateurs locaux avertissent toutefois que ces chiffres restent probablement en deçà de la réalité. Des milliers de personnes demeurent ensevelies sous les décombres de quartiers entiers réduits en ruines, tandis que les décès indirects dus à la famine, aux maladies chroniques non soignées et à l’effondrement du système de santé restent largement non comptabilisés. Des familles entières ont disparu sans enregistrement officiel, effaçant des vies avant même qu’elles ne puissent être inscrites sur une liste.
Malgré l’instauration d’un cessez-le-feu fragile en octobre 2025, la violence n’a pas totalement cessé. Des dizaines de Palestiniens ont encore été tués depuis, illustrant la précarité de cette pause et l’ampleur irréversible des dégâts déjà infligés. L’accès indépendant à Gaza demeurant sévèrement restreint, toute vérification exhaustive reste impossible, faisant du chiffre désormais admis de plus de 71 000 morts un minimum glaçant plutôt qu’un bilan définitif des vies palestiniennes perdues.
Source : Safa News