Gaza muselée : les journalistes étrangers dénoncent un blackout imposé

Des journalistes internationaux ont renouvelé leurs critiques face au refus persistant d’Israël d’autoriser l’entrée des médias étrangers à Gaza, un territoire ravagé par plus de deux années de guerre génocidaire. Les représentants de la presse estiment que cette interdiction a depuis longtemps perdu toute justification crédible et fonctionne désormais comme un blackout délibéré, empêchant le monde de voir la réalité sur le terrain, alors que des quartiers entiers sont en ruines et que les civils luttent pour survivre au milieu de la dévastation.

L’association des correspondants étrangers couvrant les territoires palestiniens occupés a jugé indéfendable la décision de maintenir Gaza fermée au journalisme indépendant, d’autant plus après les annonces répétées de pauses et de trêves. Au lieu de permettre aux journalistes de travailler librement aux côtés de leurs confrères palestiniens, les autorités continuent d’imposer une interdiction totale, soutenant devant les tribunaux qu’un accès sans escorte poserait des risques sécuritaires. Elles affirment également que la présence de médias étrangers pourrait interférer avec des dossiers liés aux prisonniers israéliens, un argument largement rejeté par les défenseurs de la liberté de la presse.

Le litige juridique remonte à une requête déposée en 2024 réclamant un accès immédiat et sans restriction pour les journalistes internationaux. Malgré plusieurs délais accordés par la Cour suprême afin que les autorités présentent un plan crédible, aucune avancée significative n’a été enregistrée. Pour les critiques, ces reports répétés traduisent surtout un manque de volonté politique, d’autant que l’interdiction reste en vigueur même durant les périodes de cessez-le-feu officiellement déclarées.

Les organisations de défense de la liberté de la presse avertissent que cet isolement a eu des conséquences mortelles. En l’absence de journalistes étrangers, la couverture de la guerre génocidaire repose presque exclusivement sur des reporters palestiniens travaillant sous une menace permanente. Nombre d’entre eux ont été tués dans l’exercice de leur mission, tandis que d’autres ont vu leurs maisons détruites et leurs familles décimées. Des ONG rapportent que des domiciles de journalistes et des lieux connus de rassemblement des médias ont été visés à plusieurs reprises, contraignant les survivants à documenter la destruction de leurs propres communautés.

L’ampleur des pertes parmi les journalistes palestiniens est décrite comme sans précédent dans l’histoire moderne du journalisme. Au-delà des morts, des centaines ont été blessés, détenus ou ont perdu des proches. Ces développements interviennent alors que les violations du cessez-le-feu se poursuivent presque quotidiennement, faisant encore des centaines de victimes depuis l’annonce de la trêve et portant le bilan à plus de soixante-dix mille morts et plus de cent soixante-dix mille blessés depuis le début de la guerre génocidaire. Pour les défenseurs de la presse, l’exclusion continue des médias internationaux n’est pas un détail, mais un élément central d’une stratégie visant à dissimuler l’ampleur du coût humain imposé à Gaza.

Source : Safa News