Dans un coin dévasté de Gaza, un père blessé s’agenouille dans la poussière, creusant à mains nues sous des couches de béton brisé. Près de deux ans après une guerre génocidaire qui a effacé sa maison, Mahmoud Hammad poursuit seul la recherche des corps de son épouse et de ses six enfants, convaincu qu’ils reposent encore sous les décombres. Touché lors de la même frappe qui a anéanti sa famille, il affirme qu’il ne s’arrêtera pas avant de pouvoir les extraire et leur offrir une sépulture digne.
Avant que la guerre n’atteigne son paroxysme destructeur, les familles de Gaza vivaient déjà dans la précarité. Ce qui a suivi a transformé cette fragilité en catastrophe. Hammad a survécu à la destruction de son foyer, mais a presque tout perdu. Après des mois de convalescence, il est revenu sur les ruines, mû non par l’espoir, mais par le devoir. Faute d’équipes de secours et de moyens lourds, il creuse jour après jour, malgré la douleur et l’épuisement.
Les obstacles sont immenses. Le coût des machines et de la main-d’œuvre est hors de portée, l’obligeant à renoncer aux engins et à s’en remettre uniquement à ses mains. L’eau commence à s’infiltrer dans la fosse qu’il a creusée, sans entamer sa détermination. Récemment, il a pu retrouver et enterrer son fils aîné, projeté hors de la maison par l’explosion. À travers Gaza, son histoire est loin d’être isolée : des milliers de corps resteraient ensevelis sous des quartiers détruits, tandis que les restrictions sur l’entrée des équipements ralentissent toute récupération, laissant les familles palestiniennes seules face à un deuil sans fin.
Source : Safa News