Le directeur de la Société de secours médical dans la bande de Gaza, Bassem Zaqout, a alerté sur une dégradation sanitaire alarmante, conséquence directe du siège prolongé et de la fermeture continue des points de passage. Dans des déclarations aux médias, il a dénoncé le blocage par les autorités israéliennes de l’entrée des fournitures médicales les plus élémentaires, aggravant la souffrance des malades et des blessés et ouvrant la voie à une propagation massive des épidémies au sein de la population, en particulier parmi les personnes déplacées.
Selon Zaqout, la situation épidémiologique est désormais hors de contrôle. Près de 70 000 cas d’hépatite virale ont été recensés dans l’enclave, tandis que 40 % des enfants souffrent de diarrhées aiguës. L’absence de médicaments, de matériel médical et de moyens de prévention empêche toute réponse efficace face à ces maladies en rapide expansion. Il a souligné que ces chiffres traduisent une crise sanitaire structurelle, alimentée par la surpopulation des camps de déplacés et l’effondrement du système de santé.
Le responsable médical a expliqué que la prolifération des maladies est étroitement liée à l’insalubrité extrême : mélange des eaux usées avec l’eau potable, accumulation des déchets et manque total de produits d’hygiène. Il a estimé que l’agression contre Gaza se poursuit sous d’autres formes, le siège et la privation d’aide ayant remplacé les bombardements directs. Des données de l’UNICEF confirment cette alerte, révélant que plus de 9 300 enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë. Malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu le 11 octobre, le secteur de la santé demeure paralysé par le retard délibéré dans l’acheminement des médicaments et des fournitures vitales, en violation des engagements annoncés.
