Francesca Albanese sous pression : quand la défense des droits palestiniens dérange

Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations unies sur les droits humains dans les territoires palestiniens occupés, a dénoncé ce qu’elle qualifie d’attaques coordonnées visant à la fois son travail professionnel et sa vie personnelle. Plusieurs pays européens, dont l’Allemagne, la France et l’Italie, ont publiquement appelé à sa démission à la suite de ses critiques d’Israël, jugeant certaines de ses déclarations « controversées » et « inappropriées ». L’experte onusienne affirme que ses propos ont été déformés et sortis de leur contexte, provoquant une pression intense sur elle et sa famille.

La controverse s’est accentuée après que la mission permanente d’Israël auprès de l’ONU à Genève a formellement accusé Albanese d’avoir enfreint les codes de conduite des Nations unies. Selon cette plainte, elle aurait porté atteinte à la crédibilité et à l’autorité morale de l’organisation et tenu des propos qualifiés d’antisémites — des accusations qu’elle rejette catégoriquement. De son côté, l’ambassadeur de France auprès de l’ONU a rappelé que les titulaires de mandats doivent faire preuve de retenue et de discernement, soulignant l’équilibre délicat entre indépendance et responsabilités institutionnelles.

Francesca Albanese a également critiqué les sanctions imposées par les États-Unis, les décrivant comme un élément d’une stratégie plus large visant à affaiblir les mécanismes internationaux de reddition des comptes, en particulier lorsqu’ils concernent la situation en Palestine. Le président du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, Sudharto R. Suryodipuro, a exprimé son inquiétude face aux attaques personnelles visant des experts indépendants, réaffirmant que leur autonomie est essentielle à la crédibilité et à l’efficacité du Conseil.

Cet épisode met en lumière les pressions croissantes auxquelles sont confrontés les responsables internationaux des droits humains lorsqu’ils travaillent sur des dossiers politiquement sensibles. Pour de nombreux observateurs palestiniens, l’acharnement contre Francesca Albanese illustre une réalité plus large : dénoncer les violations commises en Palestine expose désormais à des campagnes de délégitimation, au risque de réduire au silence celles et ceux chargés de faire respecter le droit international.

Source : Safa News