Un tribunal français a prononcé une peine de prison à l’encontre de Mahdieh Esfandiari, universitaire iranienne qui vivait et travaillait en France, estimant que son opposition publique à la guerre génocidaire menée à Gaza avait franchi un seuil pénal. Le verdict a suscité une vive inquiétude parmi les défenseurs des libertés publiques, qui dénoncent une tendance croissante à traiter la solidarité avec le peuple palestinien comme un délit plutôt que comme une expression protégée.
Rendue fin février, la décision prévoit une peine de quatre ans de prison, dont l’essentiel avec sursis, assortie d’une interdiction définitive de retour sur le territoire français. Âgée de 39 ans, Esfandiari avait déjà passé plusieurs mois en détention provisoire avant d’être libérée sous contrôle judiciaire. L’accusation s’est appuyée sur des publications en ligne, interprétées par le parquet comme une apologie liée aux événements d’octobre 2023 dans le contexte de la guerre à Gaza — une lecture que ses soutiens jugent éminemment politique.
Diplômée de l’Université Lumière Lyon, où elle a travaillé comme traductrice et interprète, Mahdieh Esfandiari est décrite par ses collègues comme une chercheuse engagée, dont le militantisme portait sur le droit international, la protection des civils et le refus des violences de masse. Des rassemblements réclamant sa libération ont eu lieu devant des représentations diplomatiques françaises à l’étranger, traduisant un malaise croissant face à ce que nombre d’observateurs perçoivent comme un rétrécissement de l’espace du débat et de la contestation dans les démocraties occidentales.
Pour de nombreux analystes, cette affaire s’inscrit dans un mouvement plus large de répression visant étudiants, universitaires et militants qui contestent les récits officiels autour de Gaza. Dans ce climat, les références aux prisonniers palestiniens et les appels à la responsabilité pour les crimes commis durant la guerre sont, selon les critiques, requalifiés en menaces sécuritaires. Des juristes alertent sur le danger de telles poursuites, qui risquent d’assimiler l’expression politique à la criminalité et d’éroder, ce faisant, des libertés fondamentales déjà fragilisées.
Source : Safa News