À Deir al-Balah, un scrutin municipal pour renouer avec la vie civique

À Deir al-Balah, ville du centre de Gaza durement touchée mais relativement moins détruite que d’autres zones, les autorités se préparent à organiser les premières élections municipales depuis plus de vingt ans. Le scrutin, prévu pour le 25 avril, serait le premier processus électoral local dans la bande de Gaza depuis 2005, après deux années de campagne militaire israélienne ayant laissé derrière elle des destructions massives. Malgré d’importants obstacles logistiques et infrastructurels, les responsables électoraux palestiniens assurent que les préparatifs sont en cours.

La Commission électorale centrale palestinienne fait état d’un engouement notable depuis l’ouverture des candidatures en début de semaine. Jamal al-Khalidi, directeur régional de la Commission à Gaza, évoque une « vague significative de demandes et de dépôts de dossiers » émanant de divers milieux sociaux, signe d’une mobilisation civique rare dans un territoire exsangue. La date limite de dépôt des listes est fixée au 1er mars à 14 heures, heure locale, et le scrutin de Gaza coïncidera avec des élections municipales en Cisjordanie.

Le système électoral reposera sur des listes, chacune devant compter au moins 15 candidats, dont six femmes au minimum. Cinq représentants seront finalement élus par liste, un dispositif destiné, selon les organisateurs, à élargir la participation et à renforcer la représentation au sein du conseil municipal. Les premiers indicateurs laissent penser qu’au moins quatre listes seront en lice.

Si le choix de Deir al-Balah a été jugé possible, c’est parce que la ville a subi moins de destructions que d’autres secteurs de Gaza — sans pour autant être épargnée. Une grande partie des infrastructures civiles, y compris des bâtiments publics servant habituellement de bureaux de vote, a été détruite ou reconvertie en abris pour personnes déplacées. Les responsables électoraux n’excluent pas l’installation de tentes temporaires pour accueillir les électeurs.

Ce scrutin intervient sur fond de division politique palestinienne persistante. Depuis 2007, Gaza est administrée par le Hamas, tandis que l’Autorité palestinienne gouverne la Cisjordanie. Les tentatives précédentes d’organiser des élections locales à Gaza avaient été reportées, en raison de différends politiques et de conditions jugées inadaptées. Si elle aboutit, l’élection de Deir al-Balah pourrait marquer une étape administrative rare, porteuse d’un espoir fragile de normalisation civique dans un territoire encore meurtri par la guerre et la fragmentation politique.

Source : Safa News