Un tribunal britannique reconnaît le droit d’asile d’un Palestinien citoyen israélien

Un tribunal britannique a accordé la protection au titre de l’asile à un Palestinien détenteur de la citoyenneté israélienne, mettant fin à une longue bataille judiciaire qui a révélé des pressions politiques persistantes au sein du système d’asile. La décision reconnaît que son renvoi l’exposerait à un risque grave, malgré sa citoyenneté formelle, et confirme que la protection s’impose au regard du droit international des réfugiés.

Âgé aujourd’hui d’une vingtaine d’années, l’homme est né dans une famille palestinienne restée sur sa terre après les expulsions massives de 1948. Élevé en grande partie au Royaume-Uni, il a ensuite vu son droit au séjour retiré à la suite de changements de politique, l’obligeant à retourner temporairement dans le pays de sa naissance. De retour au Royaume-Uni, sa demande de protection s’est appuyée sur les inégalités structurelles subies par les Palestiniens titulaires de la citoyenneté israélienne, ainsi que sur les dangers liés à la dissidence publique, à la surveillance et aux mesures punitives visant celles et ceux qui s’expriment, en particulier durant la guerre génocidaire menée contre Gaza.

Dans un premier temps, les autorités avaient admis que son éloignement serait dangereux, évoquant des lois discriminatoires, la surveillance politique, les détentions arbitraires et les représailles contre les militants. Cette évaluation a ensuite fait l’objet d’un examen ministériel intense après que l’affaire a attiré l’attention du public. Des démarches internes ont cherché des moyens d’inverser cette conclusion, malgré les avertissements des conseillers juridiques signalant qu’une telle ingérence violerait le droit des réfugiés. Après des années d’incertitude et de restrictions en matière de travail, d’études et de logement, le ministère de l’Intérieur a finalement confirmé l’octroi du statut de réfugié à la fin de l’année dernière.

Les avocats estiment que la décision reconnaît discrètement une réalité plus large : la citoyenneté formelle ne garantit pas la protection lorsqu’un système de droits à deux vitesses prévaut. Les Palestiniens à l’intérieur d’Israël représentent une part importante de la population, mais subissent des confiscations de terres, des limites à la participation politique et une surveillance sécuritaire constante. Dans le contexte d’une guerre génocidaire en cours et de l’emprisonnement de milliers de personnes pour des raisons politiques, ce jugement souligne que la persécution dépasse les frontières et les étiquettes juridiques.

Cette issue est perçue comme une rare reconnaissance, au sein du système juridique britannique, du fait que la discrimination structurelle et les représailles politiques constituent des motifs de protection internationale, même lorsque l’État d’origine revendique des attributs démocratiques. Pour le demandeur, elle met fin à des années de vie en suspens ; pour d’autres dans des situations similaires, elle pourrait ouvrir un précédent juridique étroit mais significatif.

Source : Safa News