Les rues de Khan Younès se sont réveillées dans le deuil plutôt que dans la célébration après qu’un jeune Palestinien, qui devait se marier samedi, a été tué lors d’un bombardement israélien nocturne ayant frappé une maison familiale dans le sud de la bande de Gaza. Les proches et les amis qui avaient passé la veille à chanter et à préparer les festivités de son mariage se sont finalement rassemblés devant le complexe médical Nasser pour récupérer sa dépouille.
Mohand Farawna, 25 ans, avait célébré sa soirée de henné quelques heures seulement avant le bombardement. Des témoins ont rapporté des scènes de joie et de danse jusque tard dans la nuit, alors que la famille préparait ce qui devait être l’un des rares moments de bonheur dans une Gaza ravagée par la guerre et le génocide. Avant l’aube, de violentes explosions ont secoué le quartier, réduisant la maison en ruines et tuant le futur marié avant même qu’il ne puisse rejoindre l’autel.
Des images largement partagées sur les réseaux sociaux montrent des amis sous le choc transportant des décorations de mariage au milieu des décombres. D’autres ont rendu hommage au jeune homme en évoquant les dernières heures passées à ses côtés. L’un de ses proches a écrit qu’ils chantaient encore ensemble des chansons de mariage quelques instants avant la frappe et qu’ils se préparaient désormais à porter son cercueil. Un autre a décrit la douleur insoutenable de voir un costume destiné à une célébration remplacé par un linceul funéraire.
Dans les couloirs de l’hôpital, la douleur a envahi les familles endeuillées, incapables de comprendre comment une nuit de fête avait pu se transformer en quelques heures en un paysage de fumée, de gravats et de larmes. Des membres de la famille blessés ont raconté, en pleurant, les préparatifs qui remplissaient encore la maison quelques heures auparavant. Plus tard, une foule nombreuse a accompagné le cortège funèbre à travers la ville, tandis que les chants de deuil résonnaient autour du cercueil du jeune homme qui n’a jamais atteint le jour de son mariage.
Pour de nombreux Palestiniens, la mort de Mohand Farawna est devenue un nouveau symbole de l’effondrement de la vie civile à Gaza, où les mariages, les écoles, les maisons et les refuges sont régulièrement transformés en scènes de destruction. Au-delà de la perte d’un jeune homme, c’est un avenir tout entier qui a été anéanti, après avoir survécu à des mois de guerre, avant de disparaître en une seule nuit.
Source : Safa News