À Gaza, l’Aïd al-Adha sous le poids du blocus et de la faim

À l’approche de l’Aïd al-Adha, les familles palestiniennes de Gaza affrontent une aggravation dramatique des pénuries alimentaires, du carburant et des produits de première nécessité, alors que le blocus israélien et la guerre génocidaire contre l’enclave se poursuivent. Plus de deux millions de Palestiniens vivent désormais dans des conditions humanitaires de plus en plus insoutenables, tandis que l’aide humanitaire et les marchandises continuent d’entrer en quantités largement inférieures aux besoins urgents signalés par les organisations de secours.

Les autorités locales à Gaza affirment que l’effondrement de la sécurité alimentaire s’est accéléré ces dernières semaines, en raison du maintien de restrictions sévères sur les voies d’approvisionnement et de l’incapacité des biens essentiels à atteindre de vastes zones du territoire. Les boulangeries, les centres médicaux et les services publics peinent à poursuivre leurs activités face à la grave pénurie de carburant, tandis que la flambée des prix et les déplacements massifs ont plongé de nombreuses familles dans l’incapacité d’assurer leurs repas quotidiens les plus élémentaires. Pour de nombreux habitants, l’Aïd de cette année s’annonce dans des circonstances particulièrement éprouvantes, entre incertitude alimentaire et absence totale de stabilité.

Les responsables palestiniens accusent également Israël de ne pas respecter les engagements liés à l’acheminement de l’aide humanitaire évoqués lors des négociations indirectes. Selon les chiffres publiés à Gaza, seule une partie des convois humanitaires et des livraisons de carburant attendus a été autorisée à entrer ces derniers jours. Des données recueillies par les équipes locales indiquent qu’à peine plus du quart des camions prévus au cours de la semaine passée ont pu franchir les points de passage, tandis que les livraisons de carburant demeurent à un niveau critique, aggravant davantage la situation des réseaux d’eau, des hôpitaux et des services d’urgence déjà affaiblis par des mois de destruction.

La situation est d’autant plus alarmante à l’approche de l’Aïd al-Adha que le bétail et les animaux destinés au sacrifice ont presque totalement disparu des marchés de Gaza. Les restrictions imposées depuis plusieurs années, combinées aux destructions provoquées par la guerre, ont considérablement réduit la présence de moutons et de bovins dans l’enclave. Les commerçants expliquent que les rares animaux encore disponibles sont vendus à des prix largement hors de portée pour la majorité des familles, après une hausse vertigineuse des coûts liés à l’alimentation animale, au transport et aux soins vétérinaires.

Face à cette situation, les appels humanitaires se multiplient pour exiger un accès sans restriction à l’aide, au carburant et aux marchandises. Les organisations de secours comme les habitants de Gaza alertent sur une catastrophe humanitaire appelée à s’aggraver davantage si les points de passage ne sont pas pleinement rouverts, alors que l’un des moments les plus importants du calendrier musulman approche dans une enclave meurtrie par la guerre, le blocus et la faim.

Source : Safa News