Gaza : réparer devient un luxe inaccessible

À Gaza, le coût des réparations les plus élémentaires connaît une flambée spectaculaire, conséquence directe de la guerre génocidaire prolongée et des restrictions sévères sur l’entrée des marchandises qui paralysent les chaînes d’approvisionnement. Ce qui relevait autrefois de simples travaux d’entretien est désormais devenu hors de portée pour de nombreux foyers et services locaux, contraints de tenter de restaurer des infrastructures essentielles dans un contexte de pénurie extrême.

Un spécialiste économique souligne que les activités de réparation ont basculé d’interventions d’urgence peu coûteuses vers des opérations extrêmement onéreuses, parfois comparables à de véritables reconstructions. À titre d’exemple, la construction d’un puits d’eau, autrefois estimée à moins de 3 000 dollars, atteint désormais environ 15 000 dollars, soit une multiplication par cinq. Les prix du carburant ont également explosé : le diesel se vend aujourd’hui à des niveaux plusieurs fois supérieurs à ceux d’avant-guerre, renchérissant fortement le fonctionnement des générateurs, le transport et les opérations de déblaiement.

Malgré le recours à des matériaux récupérés dans les décombres, la qualité des ressources utilisées s’est dégradée, tandis que les coûts continuent d’augmenter. Le résultat est un cercle vicieux où les efforts de réparation, limités, produisent des résultats de plus en plus insuffisants. L’économie locale s’est progressivement détachée de toute logique de production pour se concentrer sur la survie. Des estimations internationales récentes évoquent des besoins de reconstruction se chiffrant en dizaines de milliards de dollars, incluant des interventions urgentes pour rétablir les services de base.

Dans le même temps, les indicateurs économiques témoignent d’un effondrement quasi total : le taux de pauvreté dépasse 95 %, le chômage avoisine les 80 %, et des secteurs clés comme la construction et l’industrie sont presque à l’arrêt. Le produit intérieur brut s’est fortement contracté par rapport à ses niveaux d’avant-guerre, illustrant l’ampleur de la désintégration économique en cours.

Sans réouverture des voies d’approvisionnement, relance de la production locale et implication réelle du secteur privé, les analystes avertissent que la reprise risque de rester limitée à des solutions temporaires, loin d’une reconstruction durable.

Source : Safa News